(Paris) Environ 40 marins du porte-avions nucléaire français Charles de Gaulle sont porteurs depuis peu de « symptômes compatibles » avec le coronavirus et font l’objet d’une « observation médicale renforcée », a annoncé mercredi le ministère des Armées.

Agence France-Presse

« Dès aujourd’hui, une équipe de dépistage avec des moyens de test sera acheminée à bord du porte-avions afin d’investiguer les cas apparus et d’entraver la propagation du virus à bord du navire », a ajouté le ministère dans un communiqué, en précisant que le bâtiment actuellement dans l’Atlantique anticipait son retour vers Toulon (sud), pour rentrer avant la date initialement prévue du 23 avril.

PHOTO D'ARCHIVES FRED TANNEAU, AFP

Le porte-avions français Charles de Gaulle, photographié à Brest le 13 mars 202. Environ 40 marins ont des symptômes compatibles avec la COVID-19.

« Les marins présentant des symptômes ont été placés en confinement isolé, par mesure de précaution vis-à-vis du reste de l’équipage. Aucune aggravation n’a été constatée chez ces patients », a indiqué le ministère.

L’épidémie de COVID-19 a déjà frappé un autre porte-avions, américain, le Theodore Roosevelt, dans le Pacifique. Le navire et son équipage de 5000 marins et aviateurs sont rentrés au port de la base de Guam, dans le Pacifique, où le débarquement de l'équipage a commencé.

PHOTO MARINE AMÉRICAINE, VIA AFP

Des marins du USS Theodore Roosevelt débarquant des rations pour les marins dont les tests sont négatifs et qui sont en quatorzaine dans des hôtels pour distancier l'équipage et réduire les risques de contagion. Le porte-avions et son équipage de 5000 marins et aviateurs sont rentrés à la base de Guam, dans la partie ouest du Pacifique, après une importante éclosion de COVID-19.

Quant au Charles de Gaulle, « il était déjà en train de rentrer, il fait au plus court », a précisé le cabinet de la ministre Florence Parly, sous-entendant que cette « décision de bon sens » ne posait aucun problème sur le plan opérationnel.

Les chiffres de contamination ou de suspicion ne sont pas détaillés au sein des armées. Mais selon la dernière estimation communiquée par la ministre Florence Parly samedi, quelque 600 cas (civils et militaires) ont été identifiés. Un agent civil rattaché au Service d’infrastructure de la défense est décédé.

La ministre a plusieurs fois affirmé que la maladie n’empêchait pas les forces armées de poursuivre l’ensemble de leurs missions.  Le Charles-de-Gaulle est « en pleine capacité de ses moyens et aurait pu poursuivre sa mission. Nous sommes dans le principe de précaution », a relevé à cet égard une source militaire en estimant que le bâtiment, actuellement au large du Portugal, serait à Toulon d’ici une semaine environ.

Le porte-avions est lourdement équipé en matière de prise en charge et de surveillance. L’équipe médicale comprend une vingtaine de soignants (médecins, infirmiers, chirurgiens). Il y a également une salle d’hospitalisation d’une douzaine de lits, des respirateurs, un scanner « ainsi qu’un espace de confinement d’une centaine de places ».

L’équipage représente actuellement un total de 1760 marins (hommes et femmes), avec une vingtaine d’avions de combat Rafale et deux avions de surveillance Hawkeye.