(Berlin) Le gouvernement allemand s’est inquiété mardi d’une poussée d’antisémitisme dans le pays liée à la crise du coronavirus, alors que des « théories du complot » fleurissent sur les réseaux sociaux.

Agence France-Presse

« Il y a des liens directs entre l’actuelle propagation du coronavirus et celle de l’antisémitisme », a déclaré Félix Klein, commissaire du gouvernement allemand chargé de l’antisémitisme.

« Les théories du complot ont du succès en temps de crise », a-t-il regretté lors d’une conférence de presse.

Qualifiant l’antisémitisme lui même de « virus […] contagieux », il a cité à titre d’exemple les affirmations circulant sur l’internet selon lesquelles la pandémie actuelle serait le résultat du test manqué d’une arme biologique réalisé par les services secrets israéliens.

« Ces dernières semaines, les extrémistes de droite ont essayé d’utiliser la crise du coronavirus à leur avantage », a-t-il estimé.

Les délits à l’encontre des juifs ont connu une forte augmentation ces dernières années en Allemagne. En 2018, ils ont bondi de près de 20 % à 1799 cas, dont 69 attaques violentes, selon les dernières données du gouvernement.  

En octobre, un néo-nazi présumé a tenté d’entrer de force dans une synagogue en plein Yom Kippour à Halle, dans l’ex-RDA. Après avoir échoué à forcer la porte, il a abattu une passante et un homme dans un restaurant turc.

M. Klein s’est exprimé à l’occasion de la présentation d’un projet de recherche impliquant plusieurs universités allemandes et doté d’un financement de 12 millions d’euros entre 2021 et 2025.