(Athènes) Le gouvernement grec a ordonné lundi le retrait d’une campagne anti-avortement de l’association Laissez-moi vivre affichée dans le métro d’Athènes, en raison du tollé qu’elle a provoqué dans l’opinion publique.

Agence France-Presse

« À la suite d’un ordre du ministère des Transports et compte tenu des réactions de l’opinion publique », la Société grecque des transports en commun estime que « cette campagne contre l’avortement pourrait porter atteinte aux droits de femmes et a décidé de la retirer », selon un communiqué publié lundi.

Le principal parti d’opposition de la gauche radicale Syriza ainsi que de nombreuses associations de défense des droits des femmes ont fortement réagi à cette « propagande contre un droit légal des femmes » tandis que des critiques virulentes ont envahi lundi les réseaux sociaux.

« Nos corps nous appartiennent », fustige une affiche de la jeunesse de Syriza, placardée sur une des affiches anti-avortement.

En Grèce, comme dans la majorité des pays membres de l’Union européenne, l’IVG est autorisée jusqu’à 12 semaines de grossesse.

Regroupant 19 associations chrétiennes, l’association Laissez-moi vivre a fait campagne ces dernières années contre l’avortement auprès de l’Église orthodoxe grecque.

Cette dernière a instauré l’année dernière « une journée de l’enfant à naître », célébrée le premier dimanche après Noël, mais peu suivie jusqu’ici.

Toutefois, fin décembre, un quotidien sportif grec avait consacré sa une à cette « journée de l’enfant à naître », et le ministre du Développement Adonis Georgiadis s’en était félicité, provoquant l’indignation de nombre de Grecs.

Préoccupé par le faible taux de fécondité en Grèce (1,3 en 2017 selon Esltat), le gouvernement de droite de Kyriakos Mitsotakis, au pouvoir depuis six mois, a promis une subvention allant jusqu’à 2000 euros pour chaque enfant né en Grèce.  

La mesure a provoqué la colère des mouvements féministes qui ont dénoncé « la politique sexiste » du gouvernement.