(Douvres) C’est une veille de Noël aussi déprimante qu’imprévue que vivent jeudi des milliers de routiers européens, bloqués dans des conditions sommaires aux abords du port britannique de Douvres, qui sort lentement de l’isolement décidé après l’apparition outre-Manche, d’un nouveau variant du coronavirus.

Anna MALPAS
Agence France-Presse

Plusieurs pays comme l’Italie, l’Autriche, l’Irlande ou Israël se reconfinent, ou s’apprêtaient à le faire, à l’occasion des fêtes de fin d’année.

Si Douvres, premier port transmanche anglais, a rouvert mercredi après deux jours d’interruption, le trafic avec la France ne reprend qu’au compte-gouttes et il faudra « quelques jours », a prévenu Londres, pour décongestionner la zone où s’étirent des files de camions à l’arrêt.

De quoi irriter les chauffeurs, impatients de rentrer chez eux pour Noël mais obligés d’attendre dans des conditions spartiates, sans toilettes et en se nourrissant avec les moyens du bord. Et sans savoir quand ils pourront repartir, car obligés de présenter un test négatif à la COVID-19 pour pouvoir embarquer vers le continent.

« Tout le monde nous dit de venir ici et juste d’attendre mais nous ne voulons pas attendre ! » déplore Ezdrasz Szwaja, un chauffeur polonais, sur l’ancien aéroport de Manston, où le gouvernement britannique doit soumettre des milliers de routiers à un test Covid.  

« J’ai deux très petits enfants, une femme, je veux juste aller là », en Pologne.

Macron n’est plus à l’isolement

En France, les véhicules avec passagers ont lentement recommencé à débarquer sur le port de Calais en provenance de Douvres, mais les rotations des ferrys étaient fluctuantes.

La France a été critiquée par Bruxelles jeudi pour les restrictions qu’elle a imposées au Royaume-Uni, la commissaire européenne responsable du transport estimant que 10 000 camionneurs européens avaient des difficultés pour revenir sur le continent.

« Nous avons émis un appel à des mesures proportionnées et non discriminantes et à la levée des restrictions touchant les camionneurs », a assuré Adina Valean, qui avait déclaré plus tôt sur Twitter : « je déplore le fait que la France n’ait pas suivi nos recommandations ». Un point de vue rejeté par le secrétaire d’État français chargé des Affaires européennes, Clément Beaune.

Les liaisons ferroviaires et maritimes entre le Royaume-Uni et la France continueront d’être assurées pendant Noël, a toutefois assuré le ministre britannique des Transports.

Testé positif à la COVID-19 le 17 décembre, le président français Emmanuel Macron, ne présentait plus de symptôme jeudi et peut donc mettre un terme à l’isolement de sept jours auquel il avait été contraint, a indiqué l’Élysée.

L’Italie se reconfine

Pays le plus touché d’Europe par la pandémie, avec 70 000 décès, l’Italie entrait jeudi dans une nouvelle phase de restrictions jusqu’au 6 janvier, avec des déplacements limités, même si les visites familiales sont tolérées les jours de fête.

Les rues de Rome n’étaient toutefois pas désertes jeudi, des habitants promenant leurs chiens et effectuant leurs derniers achats pour le repas de Noël. Épiceries, pharmacies, laveries restent ouvertes, ainsi que les cafés et restaurants pour la vente à emporter.

Les tests pour COVID-19 ont été fortement demandés en pharmacie ces derniers jours, avec des files d’attente pour se faire tester sous des tentes installées à l’extérieur.

Si la mutation du coronavirus découverte outre-Manche continue d’occuper les scientifiques, c’est une autre variante détectée en Afrique du Sud, qui les préoccupe malgré l’arrivée des vaccins. Cette variante semble se transmettre plus rapidement que les souches plus anciennes, avancent les chercheurs qui l’ont identifiée en Afrique du Sud.

La recherche sur les vaccins a avancé à grands pas au cours de l’année écoulée, comme celle qui concerne les traitements et la société française de biotechnologie Inotrem a ainsi annoncé jeudi avoir obtenu le statut de « priorité nationale de recherche » pour l’étude en phase 2a de son candidat-médicament, nangibotide.

Un feu vert qui lui permet d’accélérer sa recherche pour les patients atteints de formes sévères de la COVID-19.

Records en Russie

Les autorités israéliennes ont annoncé jeudi un troisième confinement général d’au moins deux semaines, à compter de dimanche, pour juguler une hausse des contaminations au coronavirus, quelques jours après le lancement d’une campagne de vaccination. Les Israéliens ne pourront se déplacer à plus d’un kilomètre de leur domicile et la plupart des commerces seront fermés sauf pour les livraisons.

Un troisième confinement démarre aussi jeudi en Irlande, confrontée à une croissance « extraordinaire » des cas de nouveau coronavirus, ainsi qu’en Autriche même si Vienne a autorisé l’ouverture de ses plus de 400 stations de ski du pays.

La Russie, 4e pays le plus touché au monde, a enregistré jeudi des records de nouvelles infections au coronavirus et de décès, en l’absence d’un confinement généralisé malgré une deuxième vague qui la frappe.

Les autorités ont rapporté 635 morts et 29 935 nouvelles contaminations ces dernières 24 heures, pour un total de plus de 2,96 millions de cas. Le nombre de décès atteint 53 096.

Alors que la campagne de vaccination doit s’ouvrir dimanche dans l’Union européenne, plus d’un million d’Américains ont déjà reçu une première dose du remède depuis dix jours, a annoncé mercredi le directeur de la principale agence fédérale de santé publique des États-Unis, Robert Redfield. « Les États-Unis ont franchi un palier préliminaire mais crucial », s’est-il félicité.

Face au rebond de la pandémie au Brésil, la mairie de Rio de Janeiro interdira, au soir du 31 décembre, l’accès au quartier de la célèbre plage de Copacabana, pour éviter les rassemblements du réveillon.

La pandémie a fait au moins 1 731 936 morts dans le monde depuis que le bureau de l’OMS en Chine a fait état de l’apparition de la maladie fin décembre 2019, selon un bilan établi par l’AFP jeudi. Plus de 78 678 240 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués.