(Copenhague) L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’agence européenne des maladies ont appelé dimanche leurs membres en Europe à renforcer leurs contrôles pour combattre la propagation de la nouvelle variante du coronavirus circulant au Royaume-Uni, notamment en améliorant leurs capacités de détection de la souche.

Agence France-Presse

« À travers l’Europe, où la transmission est élevée et étendue, les pays doivent renforcer leurs procédures de contrôle et de prévention », a indiqué à l’AFP une porte-parole de l’OMS en Europe.  

L’agence européenne de contrôle des maladies (ECDC), qui inclut une trentaine de pays dont les membres de l’UE et le Royaume-Uni, n’a elle « pas exclu » que la variante circule en dehors du territoire britannique.

Baptisée « VUI 202 012/01 » (pour « Variant Under Investigation », variante en cours d’investigation), la nouvelle souche comprend plusieurs mutations et entraînerait selon les premières évaluations une contagiosité accrue du nouveau coronavirus.

Selon l’OMS et l’ECDC, une poignée de cas ont déjà été signalés hors du sol britannique : au Danemark (9), ainsi qu’un cas aux Pays-Bas et en Australie.

« La plupart des pays de l’Union européenne séquencent le virus dans une proportion bien plus faible qu’au Royaume-Uni, donc une circulation en cours en dehors du Royaume-Uni ne peut être exclue », observe l’ECDC dans une première note d’évaluation des risques.

« Les personnes avec un lien épidémiologique avec les cas porteurs de la nouvelle variante ou ayant voyagé dans des secteurs infectés doivent être identifiées immédiatement », souligne l’agence européenne, appelant « à tester, isoler et suivre leurs contacts ».

Les virus mutent en permanence et la plupart du temps sans conséquence, mais certaines mutations peuvent s’avérer problématiques, selon les scientifiques.

Pas de mortalité plus élevée

Avant d’en savoir plus sur les risques réels posés par la variante, l’OMS a recommandé dimanche à ses membres au niveau mondial d’accroître leurs capacités de séquençage du virus pour mieux identifier les cas présentant la mutation britannique.

Plusieurs pays européens ont décidé dimanche de suspendre tous les vols en provenance du Royaume-Uni après la découverte de cette nouvelle variante, qui est « hors de contrôle » selon le ministre britannique de la Santé.

Selon l’OMS, outre « des signes préliminaires que la variante pourrait être plus contagieuse », la variante « pourrait aussi affecter l’efficacité de certaines méthodes de diagnostic », là aussi selon « des informations préliminaires ».

Il n’y a en revanche « aucune preuve d’un changement de la gravité de la maladie », même si ce point fait aussi l’objet de recherches.  

L’OMS donnera plus d’informations dès qu’elle aura « une vision plus claire des caractéristiques de cette variante », a indiqué une porte-parole dans un courriel à l’AFP.

Au niveau mondial, l’organisation onusienne recommande « à tous les pays d’accroître leurs capacités de séquençage du virus Sars-Cov-2 quand c’est possible et de partager les données au niveau international, notamment si les mêmes mutations problématiques sont identifiées ».

Souche en Afrique du Sud

Outre les trois pays ayant repéré sur leur sol la souche venue du Royaume-Uni, « plusieurs autres pays ont signalé à l’OMS d’autres variantes qui portent certains des changements génétiques de la variante britannique », notamment une mutation dite « N501Y », selon l’OMS.

L’Afrique du Sud, qui a également signalé une variante problématique vendredi, considère que cette mutation « N501Y » est à l’origine d’un plus grand nombre de contagions.

Le pays « mène des recherches supplémentaires pour mieux comprendre le lien », souligne l’OMS.

Avec le début attendu de la vaccination, l’ECDC recommande également de surveiller de près les cas de vaccination inefficace, et le cas échéant de procéder à l’identification génétique de la souche des patients concernés.