(Berlin) Les 27 pays de l’UE devraient pouvoir commencer à vacciner le même jour et avant la fin de l’année contre la COVID-19, selon la présidente de la Commission européenne, tandis qu’une nouvelle batterie de restrictions s’abat sur plusieurs pays du vieux continent.

Yann SCHREIBER, avec Hervé BAR à Paris et les bureaux de l’AFP dans le monde
Agence France-Presse

À l’approche des fêtes de Noël et de fin d’année, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a recommandé mercredi le port du masque lors des réunions familiales, mettant en garde contre un « risque élevé » de reprise de l’épidémie début 2021 en Europe.

En Europe justement, les 27 pays de l’UE pourront « commencer le même jour » leurs campagnes de vaccination anti-Covid après l’approbation du vaccin développé par Pfizer-BioNTech, a assuré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, la voie semblant ouverte à de premières injections avant Noël.

« Enfin, d’ici une semaine, le premier vaccin sera autorisé, les vaccinations pourront commencer immédiatement […] C’est une tâche immense », a affirmé Ursula von der Leyen devant le Parlement européen à Bruxelles, alors que les vaccinations ont déjà commencé au Royaume-Uni et aux États-Unis et démarrent mercredi au Brésil.

En France, la campagne de vaccination débutera donc « dès la dernière semaine de décembre », « si les conditions sont réunies », c’est-à-dire après l’avis des autorités sanitaires européennes, et françaises « dans la foulée », selon le premier ministre Jean Castex. Mais les populations non prioritaires attendront « la fin du printemps ».

Sous la pression de Berlin, l’Agence européenne des médicaments a annoncé mardi qu’elle se pencherait le 21 décembre — une semaine plus tôt que prévu — sur le sort du vaccin Pfizer-BioNTech.

L’Allemagne est confrontée à une deuxième vague épidémique beaucoup moins maîtrisée qu’au printemps et a enregistré mercredi un record de décès : 952 en 24 heures, pour 27 728 nouvelles infections.

Les commerces jugés « non essentiels » ont fermé jusqu’au 10 janvier, une mesure qui a provoqué un choc dans un pays où les commerces n’avaient pas été fermés depuis la première vague de la pandémie au printemps.

À Berlin, les habitants se sont précipités pour faire la queue devant les magasins afin d’effectuer leurs achats de Noël avant la fermeture.

« Bon départ »

Au Royaume-Uni, les pubs, restaurants et hôtels de Londres ont été contraints mercredi de fermer pour la troisième fois depuis le début de la pandémie. Un « nouveau clou » sur le cercueil des pubs, s’est lamentée Emma McClarkin, directrice générale de la British Beer and Pub Association.

Le premier ministre Boris Johnson a appelé les Britanniques à faire preuve « d’extrême prudence », particulièrement avec les personnes âgées. Il n’est cependant pas revenu sur l’assouplissement relatif accordé pour Noël — l’autorisation de se déplacer de nouveau dans le pays et de se retrouver à trois foyers maximum entre le 23 et le 27 décembre —, alors que se multiplient les appels pour renoncer à ce relâchement.

Au Royaume-Uni, 137 000 personnes ont déjà reçu leur première dose de vaccin Pfizer-BioNTech depuis le lancement de la campagne il y a une semaine, un « bon départ » selon Boris Johnson.

Au Danemark, tous les commerces seront fermés pendant les fêtes. « Du vendredi 25 décembre au 3 janvier, le Danemark sera vraiment fermé », à l’exception des magasins d’alimentation et des pharmacies, a annoncé mercredi la première ministre Mette Frederiksen.

Les mesures de semi-confinement en vigueur dans les deux tiers des communes (fermeture des collèges et lycées, bars, restaurants, centres sportifs et lieux culturels), dont les plus grandes agglomérations, ont été également étendues à l’ensemble du pays.  

Aux Pays-Bas, un confinement de cinq semaines est entré en vigueur mardi. La France a de son côté instauré un couvre-feu qui s’applique désormais de 20 h à 6 h toutes les nuits, Nouvel An compris, à la seule exception du réveillon de Noël. Les bars, restaurants, théâtres, salles de spectacle, cinémas, musées restent fermés depuis fin octobre.

En Espagne également, la situation a été qualifiée d’« inquiétante » par le chef du gouvernement Pedro Sanchez, qui n’a pas exclu de proposer un durcissement des restrictions pour Noël.

L’OMS à Wuhan ?

Au Canada, le Québec, la province la plus touchée par l’épidémie, a annoncé la fermeture des commerces non essentiels du 25 décembre au 11 janvier, le télétravail obligatoire dès jeudi et une semaine de vacances de Noël supplémentaire pour les élèves des écoles primaires.

La pandémie a fait au moins 1,63 million de morts dans le monde, avec plus de 73,4 millions de cas diagnostiqués, selon un bilan établi par l’AFP mercredi.

Derrière les États-Unis, pays le plus endeuillé avec plus de 303 292 morts, arrive le Brésil avec quelque 183 000 morts.

Après s’être montré très sceptique sur les vaccins, le président brésilien Jair Bolsonaro a changé de ton mercredi, affirmant que la campagne d’immunisation qui pourrait débuter en février permettrait au pays « un retour à la normale ».

Aux États-Unis, le chef de la diplomatie de la première puissance mondiale, Mike Pompeo, s’est placé en quarantaine après un contact avec une personne positive à la COVID-19. Le département d’État a précisé que le secrétaire d’État « a été testé et il est négatif ».

Le pays, qui a battu mardi un nouveau record de cas recensés en 24 heures (248 770) a lancé lundi sa campagne de vaccination. Le président élu Joe Biden, 78 ans, s’est dit prêt à se faire vacciner « en public » dès qu’il le pourra.

L’équipe scientifique internationale mise en place par l’OMS pour trouver les origines du virus qui a provoqué la pandémie se rendra en Chine en janvier, a par ailleurs annoncé mercredi l’organisation onusienne.

Aucun détail n’a été donné sur le parcours de la mission, notamment si elle se rendrait dans la région de Wuhan, considérée comme le berceau de la pandémie, alors que la délicate question de l’origine du virus n’a cessé d’alimenter spéculations et théories les plus diverses, les États-Unis accusant notamment Pékin d’avoir dissimulé certaines informations.