(Minsk) Des centaines d’ouvriers des usines de tracteurs et d’automobile de Minsk, la capitale de la Biélorussie, ont débrayé vendredi pour dénoncer la brutalité de la répression des manifestations dénonçant la réélection, jugée frauduleuse, du président Alexandre Loukachenko.

Agence France-Presse

Les ouvriers et employés se sont réunis dans les cours des usines MTZ (tracteurs) et MAZ (camions et autobus), selon les journalistes de l’AFP qui ont pu observer les scènes à travers les grilles d’enceinte.

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Des employés de la compagnie Grodno Azot se sont rassemblés vendredi pour une discuter d'une manifestation contre les résultats de l'élection présidentielle de dimanche dernier.

Chez MTZ, des ouvriers ont ensuite décidé de marcher vers le centre-ville de Minsk. Leur cortège a été rejoint par d’autres manifestants, sous les applaudissements des riverains. La police restait elle invisible.

Portant une bannière disant « Pas des moutons, pas des racailles et pas la plèbe, on est les ouvriers de MTZ. On n’est pas 20, on est 16 000 ! », les travailleurs scandaient à l’adresse du chef de l’État Alexandre Loukachenko « Pars ! » et « Nous sommes libres ».

Auparavant, dans la cour de leur usine, ils avaient dressé une liste de revendications comprenant notamment « la démission du président » et « une nouvelle élection présidentielle ».

Alexandre Loukachenko, dont le système politico-économique est largement inspiré du communisme soviétique, s’est appuyé durant ses 26 années au pouvoir sur les ouvriers et les agriculteurs.

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Le président Alexandre Loukachenko

Il a érigé quasiment au rang de symbole national les tracteurs produits en Biélorussie. Le débrayage chez MTZ représente donc un coup dur pour le chef de l’État.

Des actions similaires ont été rapportées par les médias d’opposition sur les réseaux sociaux dans d’autres villes et sites industriels du pays.

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Parallèlement, des chaînes humaines continuaient de se constituer dans la capitale, avec la participation de milliers de personnes.