(Londres) Le racisme « n’a pas sa place dans nos sociétés », a lancé mercredi le premier ministre britannique Boris Johnson à Donald Trump après une manifestation réunissant des milliers de personnes à Londres pour demander justice à la suite du décès de George Floyd.

Agence France-Presse

« Mon message au président Trump, à quiconque aux États-Unis, depuis le Royaume-Uni c’est que le racisme, les violences racistes, n’ont pas leur place dans nos sociétés », a déclaré le chef du gouvernement britannique lors d’une conférence de presse, se disant « écoeuré et horrifié ».

Malgré l’interdiction des rassemblements en vigueur en raison de la pandémie, des milliers de manifestants ont afflué à Hyde Park, avant de marcher à travers le centre de Londres pour demander justice après la mort de George Floyd, Afro-américain tué par un policier blanc aux États-Unis, dont le décès a provoqué une vague d’indignation mondiale. Des incidents ont éclaté aux abords de Downing Street entre manifestants et policiers, a constaté un photographe de l’AFP.

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Des centaines de manifestants se sont rassemblés à Hyde Park, à Londres, mercredi.

« Aucun pays n’est innocent », « faites que les racistes aient de nouveau peur », pouvait-on lire sur des pancartes à Hyde Park.

« Faisons savoir aux États-Unis d’Amérique, à nos frères et sœurs noirs que nous sommes avec eux », a lancé à la foule, très ému, l’acteur britannique John Boyega, qui tient l’un des rôles principaux dans les derniers épisodes de la saga Star Wars.

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L’acteur britannique John Boyega a participé à la manifestation.

« Je vous parle avec mon coeur. Je ne sais pas si je vais avoir une carrière après cela mais je m’en fous », a-t-il ajouté, devant s’interrompre à certains moments, visiblement submergé par l’émotion, appelant à manifester de manière pacifique.

Après avoir crié en chœur le nom de George Floyd qui a été honoré par un tonnerre d’applaudissements, les manifestants, munis de parapluies contre la bruine et de masques contre le coronavirus, se sont agenouillés pendant trois minutes.

« C’est un mouvement important », a estimé Lisa Ncuka, étudiante de 26 ans interrogée par l’AFP. « Tout le monde devrait être là pour se battre pour l’égalité ». « Je crois en mes droits en tant que personne noire », a-t-elle assuré. « Ce n’est pas seulement notre problème », « c’est le problème de tout le monde ».

À l’appel d’une association de lutte contre le racisme, des manifestants ont également posé genou à terre en fin de journée, notamment dans le quartier londonien de Brixton.

La mort de George Floyd, tué par un policier blanc, a déclenché de nombreuses manifestations dans le monde entier et une flambée de violence dans de nombreuses villes aux États-Unis.

« Je comprends parfaitement que les gens aient exercé leur droit de manifester », a déclaré Boris Johnson au Parlement. « Évidemment, je crois aussi que les manifestations doivent se dérouler de manière légale et raisonnable. »

Dimanche dernier, des centaines de personnes ont manifesté pour exprimer leur indignation après la mort de George Floyd jusqu’à l’ambassade américaine dans la capitale britannique. Vingt-trois personnes avaient été interpellées.

Des responsables de la police britannique ont affirmé mercredi se tenir aux côtés de « ceux qui sont scandalisés » par la mort de George Floyd, tout en rappelant les restrictions de rassemblements à cause du coronavirus.

« Nous sommes aussi scandalisés de voir les violences et les dégâts survenus depuis dans beaucoup de villes américaines », ajoutent-ils dans cette déclaration publiée sur le site du Conseil national des chefs de la police.

Soulignant la tradition de la police britannique de travailler en harmonie avec la population, les responsables policiers mettent en avant leurs efforts pour lutter contre le racisme et les discriminations.

Pour autant, en octobre 2015, un rapport d’un cercle de réflexion indépendant, Runnymede, estimait qu’un « racisme systémique et institutionnel » persistait en Grande-Bretagne.