(Paris) Le président français a estimé jeudi qu’il existait des zones d’ombre dans la gestion de l’épidémie de coronavirus par la Chine, déclarant au Financial Times qu’il y avait « manifestement des choses qui se sont passées qu’on ne sait pas ».

Agence France-Presse

« N’ayons pas une espèce de naïveté qui consiste à dire que (la gestion de l’épidémie par la Chine, NDLR) c’est beaucoup plus fort. On ne sait pas. Et même, il y a manifestement des choses qui se sont passées qu’on ne sait pas », dit Emmanuel Macron dans une interview parue jeudi.

Il était interrogé sur le fait de savoir si les régimes autoritaires étaient mieux à même de gérer ces crises.

Emmanuel Macron a souligné, a précisé l’Élysée jeudi soir, que dans les démocraties, qui garantissent la liberté d’information et d’expression, la gestion de la crise était transparente et faisait l’objet de débats, contrairement aux régimes où l’information et l’expression sont contrôlées.  

Le chef de l’État estime qu’il est « faux de dire que les démocraties gèrent moins bien la crise car la transparence, la circulation libre de l’information sont au contraires un atout considérable pour être plus efficaces », a ajouté la présidence.  

Les réserves du chef de l’État sur la gestion de la crise par Pékin rejoignent les doutes exprimés par Londres et Washington.  

Le Royaume-Uni vient d’avertir jeudi la Chine qu’elle devrait répondre à des « questions difficiles sur l’apparition du virus, et pourquoi il n’a pas été stoppé plus tôt ».

L’administration Trump a de son côté accusé Pékin d’avoir « dissimulé » la gravité de l’épidémie à son début en Chine, et a gelé mardi la contribution financière américaine au fonctionnement de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), lui reprochant de s’être alignée sur les positions chinoises.

La Russie est à son tour intervenue jeudi soir, pour prendre la défense de Pékin. Le président russe Vladimir Poutine a qualifié jeudi, au cours d’une conversation avec son homologue chinois Xi Jinping, de « contreproductives » les accusations visant Pékin, soupçonné de désinformation sur le nouveau coronavirus, apparu en Chine.