(Washington) L’ex-cardinal Theodore McCarrick, défroqué en février pour avoir agressé sexuellement un adolescent dans les années 1970, a versé plus de 600 000 $ US en près de 20 ans à des responsables religieux, dont deux papes, rapporte le Washington Post.

Agence France-Presse

L’ex-archevêque émérite de Washington, premier cardinal défroqué dans le cadre d’un scandale de pédophilie frappant l’Église catholique, avait été longtemps très influent pour lever des fonds américains pour le Saint-Siège.

Selon le Washington Post, qui cite d’anciens responsables religieux et a consulté des archives de ces transactions financières, Theodore McCarrick a versé depuis 2001 plus de 600 000 dollars à des ecclésiastiques, des employés du Vatican, des conseillers du pape, ainsi que Jean-Paul II et Benoît XVI.

AP

Theodore McCarrick en mars 2015.

Plusieurs de ces destinataires, au nombre supérieur à 100, étaient directement chargés d’enquêter sur les accusations d’agressions sexuelles contre Theodore McCarrick, aujourd’hui âgé de 89 ans, écrit le quotidien américain.

À Washington, le prélat disposait d’un fond spécial via lequel il levait de l’argent et le redistribuait sans supervision.

Jean-Paul II aurait reçu 90 000 dollars alors que Benoît XVI aurait pour sa part reçu 291 000 dollars.

Des porte-paroles des anciens papes et du Vatican n’ont pas commenté ces informations.

Ces sommes ont pu être reversées à des œuvres de charité, précise le Washington Post.

Ces cadeaux «n’ont jamais influencé les décisions du cardinal en tant que membre du Saint-Siège», a déclaré un porte-parole du cardinal Leonardo Sandri, qui a reçu 6500 dollars de la part de Theodore McCarrick dans les années 2000.

AFP

Les papes Benoît XVI et François lors d'une cérémonie au Vatican en avril 2014.

En août 2018, l’archevêque italien Mgr Carlo Maria Vigano avait provoqué une bombe médiatique en accusant le pape François d’avoir longtemps gardé sous silence les comportements de prédateur du cardinal McCarrick, déchu quelques semaines plus tôt après des accusations concrètes d’agressions sexuelles.

Le pape François avait par la suite annoncé une enquête approfondie dans les archives du Vatican.