(Abidjan) Le président français Emmanuel Macron a estimé que le colonialisme a été une « faute de la République » lors d’une conférence de presse à Abidjan en compagnie du président ivoirien Alassane Ouattara.  

Agence France-Presse

« Trop souvent aujourd’hui la France est perçue » comme ayant « un regard d’hégémonie et des oripeaux d’un colonialisme qui a été une erreur profonde, une faute de la République », a-t-il déclaré, appelant à « bâtir une nouvelle page ».

« Moi j’appartiens à une génération qui n’est pas celle de la colonisation.  Le continent africain est un continent jeune. Les 3/4 de votre pays n’ont jamais connu la colonisation », a rappelé le président Macron.  

« Parfois les jeunes reprochent à la France des troubles, des difficultés qu’ils ont pu vivre auxquelles la France ne peut rien. Alors, je sais, on (la France) est parfois la cible toute désignée, c’est plus simple […] Quand c’est difficile, on dit “c’est la France” », a-t-il poursuivi.

M. Macron a conclu en espérant que « cette Afrique jeune accepte de bâtir avec une France nouvelle un partenariat d’amitié […] beaucoup plus fécond ».  

En février 2017, M. Macron, alors candidat à la présidentielle, avait déclaré sur une chaîne algérienne que « La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime contre l’humanité ». « Il est inadmissible de faire la glorification de la colonisation », avait-il estimé précisant qu’il « l’a toujours condamné ». Ses déclarations avaient créé une polémique en France.  

Pas de pension de président

Emmanuel Macron a par ailleurs annoncé samedi avoir renoncé par avance à sa future pension d’ancien chef de l’État, a fait savoir samedi l’Élysée, en plein mouvement de grève en France contre la réforme des retraites.

M. Macron, qui a fêté ses 42 ans ce samedi et dont le mandat court jusqu’en 2022, a également décidé de ne pas siéger à l’avenir au Conseil constitutionnel français. Les anciens présidents en sont membres de droit à vie, avec une indemnité de 13 500 euros par mois.

Cette décision intervient en plein mouvement de grève et de manifestations contre la réforme des retraites voulue par le chef de l’État, qui a appelé samedi à une « trêve » au 17e jour de la mobilisation.

Mais selon l’Élysée, « il n’y a pas de volonté d’affichage », seulement « une volonté de cohérence » de la part d’Emmanuel Macron, qui sera le premier président à renoncer à la pension à vie à laquelle il a droit après son départ.

La retraite d’un ancien président s’élève à 6220 euros bruts mensuels (9065 $ CAN). Selon une loi de 1955, ce montant n’est soumis à aucune condition d’âge, ni de durée de mandat, ni de plafond de revenus.

« Il a décidé qu’il ne s’appliquerait pas cette loi à court terme en 2022, ni en 2027 en cas de deuxième mandat », a indiqué l’Élysée à l’AFP, confirmant une information du journal Le Parisien.

À la place, « un nouveau système sera créé dans le cadre du futur régime universel par points » qui, dans le cadre de la réforme en cours, doit se substituer aux 42 régimes de retraite existant actuellement en France.

Selon l’Élysée, la cohérence veut que la loi de 1955 ne s’applique plus à aucun président à l’avenir.