(Londres) Le chauffeur du camion frigorifique où 39 migrants vietnamiens ont été retrouvés morts en octobre en Angleterre, accusé d’homicides involontaires, a plaidé lundi coupable d’aide à l’immigration illégale à Londres, alors qu’un nouveau suspect vient d’être arrêté.  

Agence France-Presse

Originaire d’Irlande du Nord, Maurice Robinson, 25 ans, a également plaidé coupable d’avoir tiré un profit financier de cette activité, lors de sa comparution par vidéoconférence devant la cour criminelle de l’Old Bailey depuis la prison de haute sécurité de Belmarsh, dans le sud-est de la capitale britannique.

Outre l’aide à l’immigration illégale, Maurice Robinson est poursuivi pour homicides involontaires, trafic d’êtres humains et blanchiment d’argent mais il ne s’est pas prononcé lundi sur ces autres chefs d’accusation.  

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Maurice Robinson

Un autre suspect, un homme de 36 ans, a par ailleurs été arrêté dans l’est londonien, a annoncé lundi soir la police de l’Essex sur son compte Twitter. Soupçonné lui aussi d’aide à l’immigration illégale et d’homicides involontaires, «il reste pour l’instant en détention», précise le message publié.  

Un troisième homme, Christopher Kennedy, a en outre comparu dans la journée devant le tribunal de Chelmsford, au nord-est de Londres.  

Lui aussi chauffeur routier, ce nord-Irlandais de 23 ans, arrêté vendredi matin dans les environs de Londres, est accusé d’aide au trafic d’êtres humains et d’aide à l’immigration illégale, entre mai 2018 et fin octobre 2019.  

Les deux hommes sont maintenus en détention jusqu’à une prochaine audience le 13 décembre à l’Old Bailey.  

Les cadavres de 31 hommes et de 8 femmes, dont deux adolescents de 15 ans, avaient été découverts le 23 octobre à bord d’un conteneur dans la zone industrielle de Grays, à l’est de Londres. Le conteneur provenait du port belge de Zeebruges.

Nombre des victimes étaient originaires d’une région pauvre du centre du Vietnam, qui vit tant bien que mal de la pêche, de l’agriculture ou de l’industrie. Les familles s’endettent à hauteur de milliers de dollars pour envoyer l’un des leurs au Royaume-Uni, via des filières clandestines, dans l’espoir qu’ils y trouvent des emplois rémunérateurs.

Le drame a exposé les dangers encourus par l’immigration clandestine, avec des trafiquants sans scrupules qui profitent de la vulnérabilité des candidats, ces derniers finissant souvent dans des bars à ongles ou des fermes à cannabis illégales au Royaume-Uni, réduits à un état de semi-esclavage.