(Berlin) Le président allemand a appelé samedi les États-Unis de Donald Trump à faire preuve de « respect mutuel » avec ses alliés et à ne pas céder à « l’égoïsme national », lors de la célébration des 30 ans de la chute du Mur.

Agence France-Presse

Frank-Walter Steinmeier s’exprimait avant une série de concerts donnés samedi soir Porte de Brandebourg, qui « fut pendant si longtemps un symbole de la division de l’Allemagne ».

Le Mur de Berlin, érigé en août 1961 par le régime communiste est-allemand passait en effet juste devant cette Porte.

Le président, dont le rôle est essentiellement honorifique en Allemagne, mais qui est considéré comme l’autorité morale du pays, a rendu hommage à tous ceux qui ont permis d’abattre ce Mur le 9 novembre 1989.

Il a évoqué les « révolutionnaires pacifiques » est-allemands, les peuples d’Europe de l’Est, ainsi que l’ancien dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev, qui a amorcé, « avec courage et humanité », une politique de « détente ».  

M. Steinmeier a aussi décrit le rôle des États-Unis à l’époque, le « bras fort de l’Ouest », qui a contribué à fragiliser les fondations du Mur.

« Nous, les Allemands, nous devons beaucoup à cette Amérique. À cette Amérique en tant que partenaire dans le respect mutuel, en tant que partenaire pour la démocratie et la liberté, contre l’égoïsme national. C’est ce que je souhaite aussi à l’avenir », a estimé M. Steinmeier, dans une allusion à peine voilée au cap suivi actuellement par l’administration de Donald Trump.

En raison des conflits au sujet des dépenses militaires ou du commerce, les relations entre l’Allemagne et les États-Unis n’ont jamais été aussi tendues dans la période d’après-guerre que depuis l’élection de Donald Trump.  

M. Steinmeier a par ailleurs rappelé que le 9 novembre, « journée de souvenirs contradictoires », marquait une autre date historique en Allemagne, avec la Nuit de cristal de 1938, durant laquelle synagogues et magasins juifs ont été détruits par les nazis.

Il a ainsi rappelé l’attentat antisémite et raciste commis en octobre, le jour de la fête juive de Yom Kippour, à Halle en Allemagne, qui a fait deux morts et exhorté à continuer de lutter contre « la haine raciale et l’antisémitisme ».

Dans un pays marqué par un essor ces dernières années de l’extrême droite, en particulier en ex-RDA, il a déploré que « de nouveaux murs (aient) été construits dans tout le pays : des murs de frustration, des murs de colère et de haine. […] Des murs qui font obstacle à notre cohésion ».

Des concerts de musique classique, mais aussi de hip-hop devaient clore, Porte de Brandebourg samedi soir, ces festivités officielles.