(Podgorica) L’Église orthodoxe au Monténégro vient de baptiser un homme transgenre, une première saluée par les militants des droits LGBT dans ce pays des Balkans généralement conservateur.

Agence France-Presse

Vuk Adžić, 19 ans, a été baptisé dimanche dans une église de la capitale Podgorica avec l’accord de l’archevêque de l’Église orthodoxe serbe du Monténégro, Amfilohije Radovic, qui s’était illustré il y a quelques années par des commentaires homophobes.

Vuk Adžić, qui attend actuellement de subir une chirurgie de réattribution sexuelle, a expliqué qu’il avait pris la décision d’être baptisé après avoir été brutalement tabassé au cours de l’été dans sa ville natale de Kosalin, une petite localité dans la montagne.

«J’ai toujours eu le désir d’être baptisé. Je me sens en sécurité dans la foi. Je suis reconnaissant à l’archevêque pour sa bénédiction».  

Les documents du baptême l’identifient sous le nom de Vuk et non sous son nom de naissance, Milena, qui figure sur ses papiers d’identité.

«C’est un grand pas en avant pour moi et pour la communauté transgenre du Monténégro», a-t-il ajouté.

Les défenseurs des droits humains ont qualifié l’événement d’étape importante dans une société patriarcale où les discriminations sont monnaie courante, et où le Parlement fédéral a rejeté cet été l’union civile entre couples homosexuels.

«C’est un message de tolérance», a déclaré Jovan Jolie Ulicevic, la première personne transgenre à s’être fait connaître publiquement au Monténégro. C’est aussi un message «pour tous ceux qui considèrent l’Église comme une autorité», a-t-il ajouté.  

Les autorités ecclésiastiques n’ont pu être contactées dans l’immédiat.

WIKICOMMONS

Amfilohije Radovic

En 2014, l’archevêque Amfilohije s’était vu décerner le titre d’«homophobe de l’année» par la communauté LGBT pour avoir déclaré que l’homosexualité était «une maladie».

Si la tolérance sur ces questions progresse depuis quelques années dans ce petit pays de 650 000 habitants qui négocie depuis 2012 son adhésion à l’Union européenne, la société reste divisée.  

Dans un récent sondage, 45% des Monténégrins se disaient hostiles aux démonstrations d’affection des membres de la communauté LGBT dans l’espace public, mais 47% d’entre eux estimaient que leurs droits n’étaient pas respectés.