(Lyon) L’Afghan d’une trentaine d’années soupçonné d’avoir tué samedi une personne et blessé huit autres dans une attaque au couteau à Villeurbanne, près de Lyon, a été mis en examen pour «assassinat et tentatives d’assassinats».

Agence France-Presse

Il a été placé en détention provisoire, a indiqué le parquet de Lyon.  

Dimanche, le procureur de la République de Lyon, Nicolas Jacquet, avait indiqué que le suspect avait reconnu «partiellement les faits» lors de sa garde à vue tout en tenant des propos «incohérents et confus», disant notamment «avoir entendu des voix insulter Dieu et lui donnant l’ordre de tuer».

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Nicolas Jacquet

Armé d’un couteau et d’une fourche de barbecue, l’homme s’était attaqué aveuglément à des passants sur une esplanade très fréquentée à la sortie d’un métro, tuant notamment un jeune de 19 ans.

Il avait été interpellé grâce à l’intervention de témoins. L’un d’eux, Abdelkader, un chauffeur de bus, a raconté à l’AFPTV qu’il «était camé», sans «aucune expression dans le visage : on a l’impression qu’il donnait des coups de couteau comme si c’était rien».

Une première évaluation psychiatrique a révélé «un état psychotique envahissant» et il avait également consommé une importante quantité de cannabis avant l’agression, ont révélé les analyses toxicologiques.

L’enquête se poursuit et se focalise désormais sur le profil et le parcours de cet homme.

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Un employé municipal nettoie les taches de sang sur le lieu de l'attaque.

Sans antécédent judiciaire, les premiers éléments dessinent un parcours de migrant erratique : il est entré une première fois en France en tant que mineur en 2009. Ensuite, il a successivement été enregistré en Italie (2014), en Allemagne (2015) et en Norvège (2016), avant de revenir sans famille en France en juin 2016.

Deux ans plus tard, il obtient l’asile. Il est mis sous «protection subsidiaire», une protection fournie à une personne qui ne répond pas aux critères du statut de réfugié, tout en subissant un «risque réel» d’atteinte grave dans son pays.

Il détenait depuis une carte de séjour temporaire renouvelable.

Une perquisition menée samedi dans le centre d’hébergement où il vivait n’a pas fait «apparaître une quelconque radicalisation» islamiste, avait indiqué dimanche le parquet, qui écarte pour l’heure la piste terroriste.