(Villeurbanne) Un homme armé d’un couteau et d’une broche de rôtissoire a semé la terreur samedi à une sortie de métro près de Lyon (centre de la France), attaquant les passants dont l’un, un homme de 19 ans, a été tué.

Daniel ABELOUS
Agence France-Presse

Huit personnes ont aussi été blessées, dont trois se trouvait entre la vie et la mort dans la soirée, selon un dernier bilan.

L’auteur présumé de cette agression, dont les motivations sont encore inconnues, a été arrêté et placé en garde à vue pour « assassinat et tentative d’assassinats », a indiqué à l’AFP le parquet de Lyon.  

PHOTO PHILIPPE DESMAZES, AGENCE FRANCE-PRESSE

Selon une source policière, il s’agirait d’un Afghan demandeur d’asile, inconnu des services de police et de renseignement.

Pour l’instant, le Parquet national antiterroriste (PNAT) n’a pas été saisi mais il est en train d’évaluer la situation.

Les autorités avaient dans un premier temps fait état d’un deuxième suspect en fuite, mais le parquet et une source policière ont ensuite démenti l’existence d’un second assaillant.

« Dans tous les sens »

L’attaque s’est produite vers 16 h 30 (10 h 30 HE) autour d’une station de métro de Villeurbanne, commune limitrophe de Lyon, l’une des trois grandes métropoles de France.  

La sortie du métro mène à une grande esplanade qui est bordée par une avenue et un stationnement. À proximité se trouve l’Astroballe, la salle de basketball de l’Asvel, le club de Villeurbanne.

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« Il y avait un monsieur à l’arrêt du [bus] 57 qui s’est mis à mettre des coups de couteau dans tous les sens », a témoigné auprès de l’AFP une jeune fille au débardeur taché de sang.

« Il a réussi à toucher, à ouvrir le ventre d’une personne. Il a mis un coup de couteau dans la tête d’un mec, il a ouvert l’oreille d’une dame et la dame était en train de crever sur l’arrêt du bus et personne n’est venu m’aider », a-t-elle rapporté, des sanglots dans la voix.

Des personnes ont fui, se sont réfugiées où elles ont pu, dans des bus notamment, rendant difficile le travail des secours, ont rapporté les pompiers.

Parmi les blessés, trois sont en urgence absolue et cinq moins grièvement atteints, selon le parquet.  

Une vingtaine de personnes choquées ont aussi été prises en charge par les pompiers.

Un journaliste de l’AFP a vu un corps emballé dans un sac mortuaire et emmené à bord d’une ambulance, des traces de sang au sol à proximité de la station de métro, autour de laquelle un large périmètre de sécurité était en place.

Le maire de Lyon et ancien ministre de l’Intérieur Gérard Collomb s’est rendu sur les lieux. Il a appelé à « rester très prudent » sur le caractère terroriste ou non de cette « attaque au couteau », lors d’une brève déclaration à la presse.

Colis piégé en mai

Il a affirmé que l’auteur de l’agression, survenue « de manière assez soudaine », avait été « apparemment maîtrisé à la fois par les gens qui étaient là, les services de sécurité des TCL [réseau local des transports, NDLR], au moment où il se dirigeait pour s’enfuir vers le métro ».

En mai, l’explosion d’un colis piégé en plein cœur de Lyon avait blessé 14 personnes et suscité une forte émotion dans cette ville jusque-là épargnée par la vague d’attentats djihadistes (251 morts) qui a frappé la France à partir de 2015.

Le suspect, un Algérien radicalisé de 24 ans, Mohamed Hichem Medjoub, a été inculpé et écroué. Aux enquêteurs, il a dit avoir « prêté allégeance en son for intérieur » au groupe djihadiste État islamique (EI), reconnaissant avoir confectionné et déposé l’engin explosif devant la boulangerie du centre de Lyon, selon le parquet de Paris.