Le magazine des femmes du Vatican dénonce l'agression sexuelle des religieuses par des prêtres - et le « scandale » subséquent de nonnes contraintes de subir un avortement ou de donner naissance à des enfants qui ne seront pas reconnus par leur père.

NICOLE WINFIELD ASSOCIATED PRESS

L'édition de février de Women Church World, un mensuel qui est distribué en même temps que le quotidien vatican L'Osservatore Romano, a été publiée vendredi. Elle affirme que les religieuses se taisent depuis des années, par crainte d'être punies si elles dénoncent les prêtres qui les ont agressées.

Il s'agit d'une rare admission publique, par un organe officiel du Vatican, d'un problème dont le Saint-Siège connaît l'existence depuis longtemps, mais auquel il ne s'est jamais vraiment attaqué.

L'an dernier, dans la foulée d'informations diffusées par l'Associated Press et d'autres médias, l'association internationale des religieuses avait demandé aux nonnes de dénoncer leurs agresseurs à la police et à leurs supérieurs, fracassant le silence qui enveloppait le problème depuis longtemps.

Dans l'article, la rédactrice en chef Lucetta Scaraffia rappelle que l'Église présente les femmes comme des « tentatrices dangereuses » depuis des siècles, ce qui empêchait la hiérarchie catholique de comprendre qu'elles puissent être agressées par des prêtres.

L'article ajoute que des rapports écrits par des nonnes ont été remis au Vatican dans les années 1990, concernant les prêtres qui agressaient sexuellement des religieuses en Afrique - où elles étaient considérées comme des partenaires « sécuritaires » face à l'épidémie de VIH.

Même si peu a changé, les nonnes des pays en voie de développement, mais aussi des pays développés, dénoncent de plus en plus ouvertement leurs agresseurs, à une époque où les femmes réclament plus de pouvoir au sein de l'Église, dans le contexte du mouvement #moiaussi.

Women Church World est publié en italien, en français et en espagnol. L'an dernier, la publication a levé le voile sur la situation des religieuses qui sont traitées comme des servantes par les évêques et les cardinaux pour qui elles cuisinent et nettoient en retour d'un salaire pratiquement inexistant.