(Belgrade) La Serbie contestera la demande de la justice internationale de lui remettre deux députés ultranationalistes visés par des mandats d’arrêt pour avoir fait pression sur des témoins dans un procès pour crimes contre l’humanité, a annoncé le gouvernement vendredi.  

Agence France-Presse

Vjerica Radeta, 63 ans, et Petar Jojic, 80 ans, sont membres du Parti radical de Vojislav Seselj, un chantre de la Grande Serbie et du nettoyage ethnique.  

Avocats, ils l’avaient défendu lors du procès à La Haye qui lui a valu d’être condamné en appel à 10 ans de prison pour crimes contre l’humanité durant la guerre de Croatie (1992-95).

Mais le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) les avait inculpés fin 2014 sous le soupçon d’«avoir menacé, intimidé, cherché à corrompre» des témoins ou «interféré d’autres manières» avec ces derniers.

La justice internationale avait confié à la Serbie le soin de gérer ce dossier de subornation de témoins.

Mais le 14 mai, le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), l’instance d’appel qui siège à La Haye et a succédé au TPIY, avait annoncé s’être de nouveau saisi de l’affaire, délivrant deux nouveaux mandats d’arrêt internationaux : «Les témoins ne sont pas disposés à divulguer leurs témoignages aux autorités serbes car ils craignent pour leur vie», avait déclaré la juge Liu Dagun.

«La décision est arrivée au ministère de la Justice. La Serbie a le droit d’interjeter une plainte et elle contestera» cette décision, a déclaré la ministre de la Justice Nela Kuburovic, citée par l’agence Beta.

Cet appel sera interjeté auprès du MTPI, a expliqué le ministère, sans préciser de date.  

Durant les guerres des années 1990 en ex-Yougoslavie, Vojislav Seselj était un tribun de premier plan, prononçant des discours enflammés pour promouvoir une «Grande Serbie». Il n’a en rien renoncé à ses idées et siège au Parlement. Il a été vice premier-ministre sous Slobodan Milosevic.  

Condamné en appel à 00 ans de réclusion il y a un an, il n’est pas retourné en prison, cette peine étant couverte par sa période de détention provisoire au début des années 2000.