Le président russe Vladimir Poutine s'est moqué du sceau officiel des États-Unis alors qu'il accueillait mardi le conseiller à la sécurité nationale du président américain Donald Trump, en se demandant si l'aigle américain avait cueilli toutes les olives de la branche dans ses griffes.

ASSOCIATED PRESS

En s'asseyant au Kremlin avec John Bolton, M. Poutine a mentionné l'intention déclarée de M. Trump de retirer les États-Unis d'un important traité sur le contrôle des armes nucléaires. Il a ajouté que Moscou était également au courant des doutes de Washington concernant la prolongation d'un autre traité nucléaire historique et de ses projets de déploiement d'éléments de défense antimissile dans l'espace.

Le dirigeant russe a ensuite fait référence au « grand sceau » des États-Unis, qui comprend un pygargue à tête blanche tenant 13 flèches dans ses griffes et une branche d'olivier avec 13 olives de l'autre côté.

« J'ai une question : est-ce que votre aigle a ramassé toutes les olives et il ne reste que des flèches ? », a lancé M. Poutine en riant.

Mais tout en soulignant les différences entre la Russie et les États-Unis, le président Poutine a également insisté sur la nécessité de maintenir le dialogue, affirmant qu'il serait prêt à rencontrer M. Trump à Paris lors des commémorations du mois prochain marquant le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale.

M. Poutine a déclaré que sa dernière rencontre avec M. Trump à Helsinki en juillet avait été utile en dépit de leurs discussions difficiles, ajoutant qu'il serait disposé à rencontrer son homologue américain en France « si la partie américaine est intéressée par de tels contacts ».

M. Bolton a répondu que M. Trump attendrait avec impatience de voir M. Poutine à Paris en marge des événements marquants le centenaire de l'Armistice.

Plus tôt mardi, le Kremlin avait prévenu que le président Trump avait adopté « une position dangereuse » en décidant d'abandonner un traité sur les armes nucléaires avec la Russie sans proposer quoi que ce soit pour le remplacer.

Un traité de substitution réclamé

Le porte-parole de M. Poutine a reconnu que le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF), conclu en 1987, avait des « points faibles ». Mais Dimitri Peskov a mis Washington en garde contre un retrait de l'accord sans proposer des améliorations ou un traité de substitution.

« Pour le moment, nous n'avons aucune perspective d'un nouvel accord, a déclaré M. Peskov. Il est important de savoir si c'est possible ou non. »

M. Trump a réitéré lundi sa menace de se retirer de l'INF en raison de violations présumées de la Russie. Il a ajouté que les États-Unis commenceraient à développer ce type de missiles balistiques et de croisière nucléaires lancés du sol que le traité interdisait jusqu'à ce que « les gens reprennent leurs sens », puis « nous nous arrêterons tous ».

M. Peskov a déclaré que sacrifier le pacte historique pour un meilleur accord hypothétique était « une position dangereuse ».

Le traité a été signé par le président américain Ronald Reagan et le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev. Il interdit aux États-Unis et à la Russie de posséder, de produire ou de tester des missiles nucléaires de croisière et balistiques lancés du sol d'une portée de 500 à 5500 kilomètres.

La Chine n'était pas partie à l'accord initial et M. Trump a estimé lundi qu'elle devrait être incluse dans un nouveau traité.

L'Union européenne a averti M. Trump d'un impact potentiel sur la sécurité européenne s'il décidait de mettre à exécution sa menace de se retirer du traité INF, décrivant le pacte comme une pierre angulaire essentielle de la structure de sécurité de l'Europe.