Les recherches ont été interrompues pour la nuit après l'écrasement mardi d'un Airbus A320 de la compagnie allemande Germanwings qui a fait 150 morts dont une majorité d'Allemands et d'Espagnols dans les Alpes françaises, aux causes encore inexpliquées.

Mis à jour le 24 mars 2015
Michel MOUTOT et Daniel ORTELLI AGENCE FRANCE-PRESSE

> EN IMAGES: la douleur des familles des victimes

Cinq gendarmes sont restés pour la nuit sur les lieux où des milliers de fragments de l'avion et de corps sont éparpillés à flanc de montagne.

Une trentaine de gendarmes d'un peloton de haute montagne doivent se rendre mercredi dès l'aube dans cette zone très escarpée et difficile d'accès des Alpes de Haute-Provence, à 1500 mètres d'altitude, où s'est écrasé l'appareil de la filiale low-cost de la Lufthansa, parti mardi matin de Barcelone, en Espagne, à destination de Düsseldorf, Allemagne, avec 144 passagers et six membres d'équipage.

Une des deux boîtes noires a été retrouvée et a été transférée au Bureau enquête accident qui devra établir les causes de la catastrophe, a indiqué le procureur de Marseille, Brice Robin, à l'antenne de la chaîne BFMTV.

Dans l'après-midi, le Premier ministre français Manuel Valls estimait qu'à «ce stade, aucune hypothèse ne peut être écartée».

Descente inexpliquée 

Mais mardi soir les causes restaient inconnues.

«La seule choses que je peux dire, c'est que cette perte d'altitude rapide de l'avion est pour l'instant inexpliquée», a indiqué le procureur. «Il n'y a eu aucun contact radio dès que cet avion a perdu de l'altitude» avant de venir s'écraser dans le massif montagneux, a-t-il ajouté. «Les contrôleurs aériens ont cherché à le joindre par radio et n'ont pas pu obtenir une réponse», selon lui.

«A ce stade nous considérons qu'il s'agit d'un accident et toute autre chose relèverait de la spéculation», avait auparavant déclaré Heike Birlenbach, vice-présidente de Lufthansa en conférence de presse à Barcelone.

Cinq ministres des gouvernements français, allemand et espagnol, qui ont survolé la scène de l'écrasement, ont évoqué des «images dramatiques».

«Ce sont des images d'horreur, c'est un drame épouvantable», a déclaré Frank-Walter Steinmeier, chef de la diplomatie allemande.

La chancelière allemande Angela Merkel, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy et le président français François Hollande se rendront mercredi à 09h00 sur les lieux.

Selon Germanwings, 67 Allemands se trouvaient à bord, dont deux bébés et 16 adolescents de retour d'un échange scolaire avec des lycéens espagnols.

Selon la vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Sainz de Santamaria, la liste des passagers comprenait «45 passagers portant des noms de famille espagnols», dont il reste toutefois à vérifier la nationalité.

Trois jours de deuil national ont été décrétés en Espagne «à compter de minuit» (mardi soir), a-t-elle annoncé. «De plus, nous appelons à une minute de silence demain à midi dans toutes les administrations publiques», a-t-elle poursuivi.

Deux chanteurs d'opéra 

Sydney a officiellement annoncé la mort de deux Australiens tandis que le ministère colombien des Affaires étrangères déplorait la mort de deux Colombiens, et le ministère belge au moins une victime belge. Un Danois et deux Argentins étaient également à bord de l'appareil, selon Copenhague et Buenos Aires, Mexico évoquant la présence probable de deux Mexicains à bord.

Dans la soirée, Londres avait fait état de la présence probable de Britanniques dans cet avion.

Deux chanteurs de l'opéra de Düsseldorf, le baryton-basse Oleg Bryjak, 54 ans, et la contralto Maria Radner, 33 ans, se trouvaient également dans l'appareil, après s'être produits à Barcelone. Mme Radner était accompagnée de son mari et son bébé.

La catastrophe s'est produite dans un massif montagneux inaccessible aux véhicules et culminant à plus de 2000 mètres.

Selon le général de gendarmerie David Galtier, «c'est une scène très difficile d'accès à laquelle on accède uniquement par hélitreuillage, et ensuite il y aura des caravanes à pied.»

«Les plus grands morceaux de corps que nous avons repérés ne sont pas plus grand que cette valisette», a témoigné un enquêteur.

Selon le procureur de Marseille, «dix médecins légistes et trois anthropologues» seront également sur place mercredi pour l'identification des victimes à l'aide de prélèvements ADN.

Parmi les innombrables débris, «seul le train d'atterrissage a pu être identifié», a confirmé un autre enquêteur. Ces éléments laissent penser que l'avion s'est désintégré lors du choc avec les parois rocheuses.

Les hélicoptères des secours ont cessé de survoler la zone à la nuit tombée.

N'ayant plus de contact avec l'équipage et aucun signal radar de l'avion, la direction de l'aviation civile française (DGAC) avait déclaré dans la matinée, à 13h30, le vol «en détresse». La chute de l'appareil a duré huit minutes, selon Germanwings et l'équipage n'a pas émis d'appel de détresse.

Le pilote avait «plus de dix ans» d'expérience et «plus de 6000 heures de vol», selon la compagnie précisant que l'avion avait 25 ans d'âge et avait subi une grosse révision à l'été 2013.

Une chapelle ardente a été installée à Seyne, commune voisine des lieux de la catastrophe. Trois cents pompiers et trois cents gendarmes ont été mobilisés, de même que dix hélicoptères et un avion militaire.

C'est la première catastrophe aérienne en France métropolitaine depuis l'écrasement d'un Concorde d'Air France qui avait fait 113 morts le 25 juillet 2000 peu après son décollage de l'aéroport parisien de Roissy-Charles de Gaulle.

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