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France: les «professionnels libéraux» en grève

Après les notaires et les huissiers à la... (PHOTO STÉPHANE MAHE, REUTERS)

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Après les notaires et les huissiers à la mi-septembre, les pharmaciens étaient cette fois-ci à la pointe de la mobilisation, avec un taux de fermeture des officines de 87 %.

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Agence France-Presse
PARIS

Pharmaciens, huissiers, notaires, médecins... les professions libérales réglementées étaient en grève mardi contre un projet de réforme annoncé par le gouvernement français, qui remet en question leurs tarifs et leur monopole.

L'Union nationale des professions libérales (UNAPL), qui a appelé à une «journée sans professionnels libéraux», a fait état d'une forte participation. Des rassemblements ont été organisés dans de nombreuses villes de France, dont Paris, avec des participations de plusieurs centaines à plusieurs milliers de personnes.

Dans le viseur des grévistes, le projet de loi «pour la croissance» annoncé début juillet par le gouvernement de gauche, qui inclut un volet sur les professions réglementées et remet en question leurs tarifs et leurs monopoles.

Après les notaires et les huissiers à la mi-septembre, les pharmaciens étaient cette fois-ci à la pointe de la mobilisation, avec un taux de fermeture des officines de 87 %.

Réquisitionnées pour assurer la permanence des soins, comme le prévoit la loi, des pharmacies de garde sont cependant restées ouvertes.

La profession est particulièrement remontée contre une éventuelle levée de son monopole sur la vente des médicaments à prescription facultative (comme le Doliprane, le Spasfon....), que lorgne la grande distribution.

La mobilisation des libéraux s'est traduite aussi par des fermetures de cabinets médicaux, parfois pour quelques heures. D'autres professions, comme les greffiers des tribunaux de commerce ou les administrateurs et mandataires judiciaires, privés de droit de grève, ont manifesté leurs inquiétudes auprès de leurs publics respectifs.

Parmi les mesures qui fâchent, l'ouverture du capital des sociétés d'exercice libéral (SEL) à des non-professionnels fait l'unanimité contre elle.

Les professions médicales s'inquiètent en outre d'une éventuelle suppression du numerus clausus, qui limite actuellement le nombre d'étudiants en médecine, pharmacie, chirurgie dentaire et kinésithérapie, entre autres.

Annoncé début juillet par l'ancien ministre de l'Économie, Arnaud Montebourg, le projet de «loi pour la croissance» devait inclure un volet sur les professions réglementées, afin de «restituer l'équivalent de 6 milliards d'euros (8,5 milliards de dollars) de pouvoir d'achat aux Français».

Face à la fronde des professions concernées, le nouveau ministre, Emmanuel Macron, a repoussé la réforme à 2015 et assuré qu'elle serait limitée à de «petits déblocages».

«On ne va pas résoudre les problèmes des Français en sacrifiant les notaires ou les pharmaciens. Il ne faut pas raconter d'histoires. Je ne vais pas dire qu'on rendra 6 milliards de pouvoir d'achat aux Français, ce n'est pas vrai, c'est une illusion», a-t-il déclaré mi-septembre.

Emmanuel Macron a assuré mardi que le gouvernement trouvera avec les professionnels libéraux «des solutions concertées», «dans les prochaines semaines» pour aboutir à une réforme qu'il juge possible et souhaitable.

«Il y a une inquiétude manifeste, mais cette inquiétude repose sur des malentendus», a-t-il déclaré. Le ministre a notamment affirmé qu'«en aucun cas il ne s'agit d'une dérèglementation, d'une dérégulation» et qu'il n'était pas prévu d'ouvrir le capital des officines et des cabinets à des partenaires financiers extérieurs.

«Il n'y a pas de plan d'économie qui soit indolore. Sinon ça aurait déjà été fait», a aussi commenté le président François Hollande.




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