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France: Valls formera le nouveau gouvernement, sans Montebourg

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Manuel Valls a été chargé de composer d'ici mardi un gouvernement «en cohérence avec les orientations» économiques définies par le chef de l'État, selon un communiqué de l'Élysée.

Photo BENOIT TESSIER, Reuters

Karine PERRET
Agence France-Presse
PARIS

La France connaît depuis lundi sa crise politique la plus grave depuis l'élection en 2012 du président François Hollande qui, critiqué par son ministre de l'Économie sur sa politique de rigueur, a demandé à son premier ministre de constituer une nouvelle équipe.

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M. Montebourg, 51 ans, qui ne s'est jamais privé de critiquer les orientations économiques de l'Union européenne.

Photo THOMAS SAMSON, AFP

Le président socialiste, pressé en ce sens par le chef du gouvernement Manuel Valls, a choisi la fermeté face à la fronde du bouillant ministre de l'Économie, Arnaud Montebourg, au risque de fragiliser un peu plus sa majorité.

Manuel Valls a été chargé de composer d'ici mardi un gouvernement «en cohérence avec les orientations» économiques définies par le chef de l'État, selon un communiqué de l'Élysée. M. Montebourg a annoncé lundi après-midi qu'il n'en fera pas partie et qu'il avait décidé de «reprendre (sa) liberté», reconnaissant n'avoir «pas réussi à convaincre».

«Les politiques de réduction des déficits (...) sont une absurdité financière, car en plombant la croissance, elles empêchent par la chute de l'activité la réalisation de leurs propres objectifs», a déclaré Arnaud Montebourg lors d'une brève allocution publique à son ministère.

M. Montebourg, 51 ans, qui ne s'est jamais privé de critiquer les orientations économiques de l'Union européenne, avait appelé ce week-end à un changement de cap, demandant notamment à M. Hollande dans un entretien au quotidien Le Monde de «hausser le ton» vis-à-vis de l'Allemagne, «prise au piège de la politique austère qu'elle a imposée à toute l'Europe».

«Un ministre de l'Économie ne peut pas s'exprimer dans de telles conditions sur la ligne économique du gouvernement et sur un partenaire européen comme l'Allemagne», avait réagi un membre de l'entourage de M. Valls.

«Crise de régime»

Il s'agit d'une alerte sérieuse pour François Hollande, au plus bas dans les sondages et dont la majorité apparaît de plus en plus fragilisée, une fragilité accrue depuis que Manuel Valls a succédé à Jean-Marc Ayrault après la déroute de la gauche aux élections municipales fin mars, remportées par la droite et le Front national (extrême droite).

Élu en mai 2012 avec le soutien du Parti socialiste, des écologistes et d'une partie de l'extrême gauche, M. Hollande a vu cet appui passer à une quasi-opposition tandis que les écologistes se sont retirés de l'exécutif et ont repris leur liberté de vote au Parlement.

Quant aux élus socialistes, une partie de plus en plus remuante critique ouvertement sa politique, notamment les allègements de cotisations pour les employeurs, censés favoriser l'emploi, et les économies massives destinées à lutter contre le déficit public.

Arnaud Montebourg était la caution de cette aile gauche du Parti socialiste, de même que le ministre de l'Éducation Benoît Hamon, qui ne fera pas non plus partie du futur gouvernement.

«Il aurait été incohérent, alors que j'ai exprimé un désaccord avec un point important de la politique économique et sociale du gouvernement, que je reste au gouvernement», a expliqué M. Hamon sur la chaîne France 2 lundi soir. Il a assuré toutefois qu'il ne serait pas dans l'opposition et que la rentrée se ferait dans de bonnes conditions malgré ce départ précipité.

Ces deux ministres «ont cherché à installer une tension, un rapport de force au sein du gouvernement pour peser. Et Manuel Valls et François Hollande ne l'ont pas accepté», analyse Frédéric Dabi, directeur adjoint de l'institut Ifop.

La ministre de la Culture Aurélie Filippetti a déclaré pour sa part qu'elle ne serait «pas candidate à un nouveau poste ministériel», préférant «la loyauté à ses idéaux» au «devoir de solidarité» gouvernementale.

Pour M. Dabi, «le risque de ce remaniement, c'est une nouvelle réduction de la base de la majorité présidentielle».

Plusieurs responsables politiques de tous bords ont envisagé lundi une dissolution en réponse à la crise gouvernementale, telle la présidente du Front National Marine Le Pen, mais aussi François Sauvadet, vice-président de l'UDI.

Luc Chatel, secrétaire général de l'UMP par intérim, a qualifié de «grave» la «crise politique ouverte par la démission du gouvernement». Même constat pour le président du MoDem, François Bayrou, pour qui la France n'est «pas loin de la crise de régime».

L'implosion du gouvernement intervient après des résultats économiques désastreux - avec notamment une croissance nulle au 1er semestre - et peu avant les chiffres du chômage (publiés mercredi). Fin juin, le chômage a atteint un niveau historique, avec 3,398 millions de demandeurs d'emploi. Depuis l'élection de François Hollande en mai 2012, près d'un demi-million de nouveaux demandeurs d'emploi sans activité ont été enregistrés.




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