L'OTAN nomme un nouveau patron en pleine crise ukrainienne

L'ex-premier ministre norvégien Jens Stoltenberg succédera le 1er... (Photo Brian Snyder, Reuters)

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L'ex-premier ministre norvégien Jens Stoltenberg succédera le 1er octobre au Danois Anders Fogh Rasmussen à la tête de l'OTAN.

Photo Brian Snyder, Reuters

Jérôme Rivet
Agence France-Presse
Bruxelles

L'ex-premier ministre norvégien Jens Stoltenberg a été désigné vendredi secrétaire général de l'OTAN à l'heure où l'Alliance atlantique créée durant la Guerre froide est confrontée à de nouveaux défis avec la crise ukrainienne.

À 55 ans, M. Stoltenberg succédera le 1er octobre au Danois Anders Fogh Rasmussen, un autre ancien premier ministre scandinave, qui quittera son poste après cinq ans à la tête de l'Alliance atlantique.

M. Stoltenberg «est l'homme idéal pour bâtir sur les forces et les succès de l'OTAN», a réagi M. Rasmussen.

Annoncée plus rapidement que prévu, sa nomination «s'est faite sans anicroche» car «il y avait consensus sur son nom», a indiqué une source diplomatique.

Les dirigeants des plus grands des 28 pays de l'OTAN, dont le président Barack Obama et les Européens Angela Merkel, François Hollande et David Cameron, ont en effet approuvé ce choix au cours des dernières semaines.

M. Stoltenberg est un dirigeant expérimenté après avoir dirigé le gouvernement norvégien durant dix ans, avant d'être battu aux élections législatives de septembre 2013.

Bien qu'il ait milité dans sa jeunesse contre l'OTAN, il a engagé la Norvège, un pays de tradition pacifiste, en Afghanistan et dans le conflit en Libye en 2011.

M. Stoltenberg présente par ailleurs l'avantage d'entretenir de bonnes relations avec la Russie dont son pays est frontalier.

«C'est un atout de poids dans le contexte de la crise ukrainienne», a souligné un diplomate à Bruxelles, où l'OTAN est basée.

L'Alliance atlantique se retrouve en première ligne bien qu'elle ait exclu toute implication militaire, l'Ukraine n'étant pas l'un de ses membres.

Elle a déployé ces dernières semaines des avions de surveillance Awacs en Pologne et en Roumanie, à proximité des frontières ukrainiennes, tandis que les États-Unis dépêchaient des avions de chasse et de surveillance dans la zone.

Des dossiers lourds à régler

«Nous ne cherchons pas la confrontation mais nous ne faiblirons pas si on nous défie», a prévenu M. Rasmussen après avoir rencontré M. Obama mercredi à Bruxelles.

Pour le président américain, l'OTAN «reste l'alliance la plus forte et la plus efficace de l'histoire de l'humanité». Il a rappelé que son pays était tenu par l'article 5 du Traité de l'Otan qui comporte «une obligation solennelle de se défendre l'un l'autre».

L'influent hebdomadaire The Economist a noté vendredi que la crise ukrainienne avait «redonné un rôle à l'OTAN» à l'approche de ses 65 ans. «Grâce à Vladimir Poutine, l'OTAN n'a plus à justifier son existence», selon lui.

L'Afghanistan est l'autre dossier lourd qui attend M. Stoltenberg, qui prendra ses fonctions après le sommet de l'OTAN prévu les 4 et 5 septembre au Royaume-Uni.

L'Alliance se prépare actuellement à clore l'opération la plus longue et la plus lointaine de son histoire avec le retrait des troupes combattantes d'ici la fin de l'année.

Mais les incertitudes restent nombreuses. L'OTAN sera-t-elle en mesure de lancer une nouvelle mission de soutien aux forces afghanes pour les aider à faire face aux talibans?

Pour l'instant, l'OTAN prépare «toutes les options», y compris un «retrait total», en l'absence d'un accord entre les autorités afghanes et les États-Unis.

«Les événements en Ukraine démontrent que, même lorsque nous aurons terminé notre mission en Afghanistan, il y aura de nouveaux défis à relever», a déclaré le premier ministre britannique David Cameron vendredi.

M. Stoltenberg devra notamment convaincre les pays européens de l'OTAN (25 sur 28) de cesser de réduire leurs budgets militaires, premières victimes de la crise et de l'austérité.

À l'instar de M. Rasmussen ces dernières années, M. Obama s'est déclaré cette semaine «préoccupé» par l'affaiblissemement des Européens, qui n'assument plus qu'un tiers environ des dépenses de l'OTAN. «La situation en Ukraine nous rappelle que la liberté a un prix», a-t-il lancé à Bruxelles.




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