La Grèce doit encore réduire sa fonction publique pour satisfaire aux exigences de ses créanciers alors que la population en colère redescend dans la rue. Le gouvernement se retrouve à nouveau entre l'arbre et l'écorce pendant que la situation semble s'améliorer pour d'autres pays européens. Quatre mots pour comprendre une crise qui n'en finit plus.

Éric-Pierre Champagne LA PRESSE

Grève

Des milliers de Grecs ont manifesté mardi dans les rues d'Athènes et de Thessalonique pour protester contre le dernier plan de restructuration du gouvernement. Les trains ne circulaient pas en Grèce et la ligne de métro reliant la capitale à l'aéroport était fermée. Les vols étaient aussi perturbés en raison d'une grève des contrôleurs aériens en pleine saison touristique. Et ce ne sont pas les dernières projections de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui risquent de rassurer la population. Elles prévoient que le taux de chômage passera à 28% en Grèce d'ici la fin de 2014.

Restructuration

La Grèce doit voter aujourd'hui un projet de loi afin de respecter les exigences des bailleurs de fonds du pays. Pour ce faire, les élus doivent supprimer, d'ici la fin de l'année, 4000 emplois publics et imposer des mutations à 12 500 fonctionnaires. En échange de ces nouvelles compressions, la Grèce attend le versement d'une aide de 4 milliards d'euros provenant du fonds de soutien de la zone euro et des banques centrales européennes. Cette nouvelle tuile arrive tout juste après l'annonce controversée, en juin, de la fermeture de la télévision publique ERT, qui a repris partiellement ses activités il y a quelques jours.

Mitsotakis

Kyriakos Mitsotakis risque fort de devenir le nouvel homme le plus détesté des Grecs. Le ministre de la Réforme administrative a la délicate tâche de piloter les coupes dans la fonction publique pour répondre aux exigences des bailleurs de fonds. Aux prises avec une dette colossale, la Grèce a multiplié les mesures d'austérité ces dernières années, ce qui a déjà coûté leur poste à quelques politiciens du pays. Face à des syndicats déterminés, la coalition que préside le premier ministre Antonis Samaras ne détient qu'une majorité de quelques voix à l'Assemblée législative.

FMI

Si la crise économique et financière est toujours d'actualité en Grèce, la situation s'améliore en Europe de l'Est, selon Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI). La majorité des pays de cette région a renoué avec la croissance. Mme Lagarde a salué «l'immense effort de consolidation budgétaire» fait par la Roumanie. Les Roumains redemandent d'ailleurs l'intervention du FMI après une cure d'austérité qui a permis au pays de sortir de la crise économique. Selon le ministre des Finances de la Roumanie, un nouvel accord avec l'organisation internationale donnerait confiance aux investisseurs étrangers.

Photo AFP

Kyriakos Mitsotakis