La justice française a ouvert une enquête pour «faux», «escroquerie» et «blanchiment» visant notamment Thomas Fabius, fils du ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, a appris l'AFP mardi de source judiciaire.

AGENCE FRANCE-PRESSE

L'information judiciaire contre X, ouverte le 27 juin, vise à éclaircir des mouvements de fonds ayant pu transiter par le fils du ministre, a-t-on précisé.

L'acquisition en 2012 par Thomas Fabius, alors âgé de 31 ans, d'un somptueux appartement à Paris pour 7 millions d'euros (plus de 9,5 millions de dollars) avait fait l'objet d'un signalement à la cellule de renseignement financier Tracfin.

Début juillet, l'avocat de M. Fabius, Me Cyril Bonan, avait indiqué que «l'appartement personnel de M. Thomas Fabius et de sa compagne a été acheté dans des conditions normales», pour partie par un apport personnel et pour partie par un emprunt bancaire.

L'appartement de 285 m2 situé boulevard Saint-Germain a été acquis à un prix de plus de 24 000 euros du mètre carré, supérieur au prix du marché moyen dans ce quartier huppé, l'un des plus chers de Paris.

Selon l'hebdomadaire Le Point, qui avait révélé fin avril que cette acquisition intéressait la justice, Thomas Fabius n'est pas imposable sur le revenu et aurait expliqué à l'agent immobilier au moment de l'achat disposer de fonds en partie gagnés au jeu.

Au cabinet du ministre, on avait alors assuré n'être en rien concerné par les affaires de Thomas Fabius, tout en précisant que celui-ci n'avait bénéficié d'aucune donation ou et d'aucun héritage familial.

Thomas Fabius, aîné des deux enfants du ministre, a été condamné en juin 2011 dans un autre dossier à 15 000 euros (20 500 $) d'amende, dont 10 000 (environ 13 700 $) avec sursis, pour abus de confiance, par le tribunal correctionnel de Paris, dans le cadre d'une procédure de plaider-coupable, procédure destinée à éviter un procès à condition que l'intéressé reconnaisse sa culpabilité et accepte la peine proposée.

Une enquête préliminaire visant le jeune homme avait été ouverte en 2012 pour «tentative d'escroquerie et faux», après une plainte pour des faits datant de novembre 2011 qui n'ont pas été dévoilés.