Plusieurs dizaines de milliers de militants et de sympathisants de la cause homosexuelle ont commencé à défiler samedi après-midi dans les rues de Paris à l'occasion de la Marche des fiertés, un mois jour pour jour après la célébration du premier mariage entre personnes du même sexe en France, a constaté un journaliste de l'AFP.

Publié le 29 juin 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

Au son de la musique techno, le cortège est parti à 14 h de la place du 18 juin 1940, près de la gare Montparnasse, et devait traverser le centre de Paris pour rejoindre la place de la Bastille, sur l'autre rive de la Seine, où aura lieu un concert.

Plusieurs personnalités politiques de gauche avaient fait le déplacement, comme le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë et la ministre écologiste du Logement Cécile Duflot, derrière une grande banderole sur laquelle il était écrit «LGBT (Lesbiennes, gaies, bi et trans), allons au bout de l'égalité».

Dans la foule, des drapeaux arc-en-ciel, des ballons, et des pancartes réclamant «la PMA (procréation médicale assistée) pour tous», ou proclamant «même famille, mêmes droits» Martine, Parisienne brune de 63 ans, est venue avec un groupe d'amies. Drapeau arc-en-ciel à la main, elle vient «tous les ans».

«Mais cette année, c'est un peu particulier. Il fallait absolument être là, il fallait surmonter la peur», dit-elle, faisant allusion à l'hostilité des opposants au mariage entre personnes du même sexe et à l'adoption pour les couples homosexuels, dont certains continuent à manifester malgré l'entrée en vigueur de la loi le 18 mai.

«Même si on a eu une avancée majeure en droit cette année avec le vote de la loi sur le mariage pour tous, un certain nombre de nos revendications n'ont pas été satisfaites», a affirmé le porte-parole de l'Inter-LGBT Nicolas Gougain au cours d'un point presse avant la manifestation.

Pour lui, cette «avancée très importante doit en appeler d'autres», sur les questions de la procréation médicalement assistée (PMA), les droits des personnes transsexuelles et la lutte contre les discriminations au quotidien.

«C'est l'occasion de montrer à ceux qui voulaient nous renvoyer au placard ces derniers mois que nous existons», a-t-il ajouté.

Le premier mariage entre deux hommes a été célébré à Montpellier (sud) le 29 mai. Depuis, plusieurs dizaines de mariages entre homosexuels ont été célébrés dans toute la France.

Le maire d'Arcangues, une petite commune du sud-ouest, qui refusait d'unir dans sa commune un couple d'hommes, a fini par accepter qu'un de ses adjoints célèbre le mariage, menacé d'une décision de justice le condamnant à payer 1000 euros d'astreinte par jour.