La décision de la BBC de ne pas diffuser un documentaire sur les accusations d'agressions sexuelles pesant sur son ex-animateur vedette Jimmy Savile, était «une erreur» qui l'a plongée dans le «chaos», mais pas une tentative pour étouffer l'affaire, selon un rapport publié mercredi.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Cette décision «était une erreur, mais je crois qu'elle a été prise de bonne foi. Cela n'a pas été fait (...) pour une mauvaise raison», a estimé l'ancien directeur de la chaîne de télévision Sky News Nick Pollard, qui était chargé de ce rapport commandé par la BBC.

«De mon point de vue, l'aspect le plus ennuyeux de cette affaire pour la BBC n'a pas été la décision de déprogrammer ce documentaire. Cela a été sa totale incapacité à en gérer les conséquences», a-t-il ajouté.

Jimmy Savile, mort en 2011 à 84 ans, est au coeur d'un énorme scandale d'agressions sexuelles sur mineurs au Royaume-Uni.

La BBC, qui a déprogrammé fin 2011 un reportage levant le voile sur ces accusations et donnant la parole à des victimes, a été soupçonnée d'avoir voulu étouffer le scandale. D'autant qu'elle avait diffusé dans la foulée un hommage aux 40 ans de règne audiovisuel de Savile.

La crise à la BBC s'est aggravée à la suite de la dénonciation calomnieuse d'un homme politique conservateur de l'ère Thatcher, accusé à tort, au cours d'une autre émission en novembre, de sévices sexuels.

Cette affaire à double détente a conduit à la démission du directeur général de la BBC, George Entwistle.

Tout en admettant des dysfonctionnements, la BBC est apparue soulagée de voir s'éloigner les accusations d'autocensure.

Son directeur général par intérim Tim Davie a ainsi écrit dans un message au personnel : «je me réjouis que ce rapport n'ait trouvé aucune preuve de pressions inappropriées pour empêcher la diffusion» du documentaire.

PHOTO LEWIS WHYLD, ARCHIVES AP

Jimmy Savile