La pression monte sur François Hollande, qui doit composer avec les critiques acerbes de la droite française, mais aussi d'acteurs importants de la gauche alors que la campagne présidentielle se met en branle.

Mis à jour le 15 nov. 2011
Marc Thibodeau LA PRESSE

Le candidat socialiste à l'élection présidentielle de 2012, François Hollande, aura fort à faire pour unifier la gauche en vue de battre Nicolas Sarkozy.

Tout en composant avec un feu croissant de critiques de la droite, le politicien doit essuyer les salves du dirigeant du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, et des écologistes.

M. Mélenchon, qui représentera l'extrême gauche au scrutin, s'en est pris avec virulence au dirigeant socialiste, dimanche, en le comparant à un «capitaine de pédalo» incapable de naviguer dans «la saison des tempêtes».

Selon lui, François Hollande et l'actuel président, Nicolas Sarkozy, sont tous deux des «hommes du passé» qui «ne voient pas la faillite du système» actuel.

Ces saillies lui ont valu hier les remontrances du député socialiste Pierre Moscovici, qui doit diriger la campagne du candidat socialiste.

«Quand on est comme Jean-Luc Mélenchon un candidat de gauche, on ne parle pas ainsi du candidat du Parti socialiste parce que, ce faisant, qui sert-on sinon la droite et l'extrême droite?», a-t-il déclaré.

Le champion socialiste peine aussi à s'entendre avec les dirigeants du parti Europe Écologie Les Verts (EELV), qui rechignent à conclure une entente politique avec le Parti socialiste en vue du scrutin présidentiel parce qu'ils jugent M. Hollande trop timoré sur la question de l'énergie nucléaire.

La secrétaire nationale de la formation écologiste, Cécile Duflot, demande notamment que le candidat s'engage à stopper la construction d'une centrale nucléaire de troisième génération, ce qu'il refuse.

L'entente en discussion prévoit notamment de réserver un certain nombre de circonscriptions aux candidats écologistes, mais elle semblait loin d'aboutir, hier, alors que s'approche la date butoir fixée par EELV.

«Nous ne sommes pas prêts à brader nos idées pour quelques dizaines ou quelques quinzaines de circonscriptions», a souligné la candidate écologiste à l'élection présidentielle, Éva Joly.

La droite s'en donne à coeur joie

La droite n'est pas non plus en reste en matière de métaphores relatives au candidat socialiste. Le ministre de l'Éducation, Luc Chatel, a comparé dimanche François Hollande au personnage de bande dessinée Babar.

«Babar, il est sympathique, c'est le roi des éléphants. C'est l'histoire que l'on raconte aux enfants pour les endormir le soir», a déclaré M. Chatel, qui associe parallèlement Nicolas Sarkozy à Astérix.

«Astérix, c'est celui qui est courageux, celui qui est déterminé, celui qui est protecteur, celui qui sait prendre des décisions. Et puis Sarkozy, il gagne toujours en plus», a déclaré le ministre.

Les partisans du chef d'État multiplient les attaques depuis une semaine contre le leader socialiste, en particulier sur le plan économique. Plusieurs élus reprochent à François Hollande d'avoir souligné publiquement, la semaine dernière, que les marchés se comportaient comme si le pays s'était déjà fait retirer la note AAA que lui accordent les agences de notation pour sa dette.

«Soit on est aux côtés de ceux qui se battent matin, midi et soir pour rétablir les finances publiques et faire en sorte que la France conserve son triple A, soit on fait le jeu de la spéculation, on est défaitiste, on fait comme François Hollande», a accusé le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire.

Une critique risible pour le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, qui voit mal comment le gouvernement peut se poser en défenseur des intérêts des Français alors qu'il se comporte comme «une cinquième colonne au service des marchés».