Le rapprochement entre catholiques et  orthodoxes donne l'impression d'«avoir du mal à progresser», a reconnu mardi Benoît XVI, appelant à un «effort» pour davantage d'«ouverture réciproque», en recevant une délégation du patriarcat de Constantinople.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Au regard purement humain, on pourrait avoir l'impression que le dialogue théologique a du mal à progresser», a admis le pape, en recevant une délégation d'évêques orthodoxes envoyés par le patriarcat.

«En réalité, a-t-il observé, le rythme du dialogue est lié à la complexité des thèmes en discussion, qui exigent un effort extraordinaire d'étude, de réflexion et d'ouverture réciproque».

«Dans un contexte historique de violence, d'indifférence et d'égoïsme, beaucoup d'hommes et de femmes de notre temps se sentent égarés. C'est justement par le témoignage commun de la vérité de l'Évangile que nous pourrons aider l'homme de notre temps à retrouver le chemin qui le conduit à la vérité», a-t-il ajouté.

Benoît XVI recevait Mgr Emmanuel Adamakis, métropolite de France, Mgr Athenagoras, auxiliaire du métropolite de Belgique, et l'archimandrite Maxime Pothos, vicaire général pour la Suisse.

Les différences doctrinales pour le rapprochement avec les Églises protestantes sont beaucoup plus profondes qu'avec les orthodoxes, où le dialogue est ralenti cependant par les susceptibilités historiques séculaires.

La question de la primauté du pape (par rapport aux patriarches orthodoxes) et de ses fonctions spécifiques font notamment problème.

Dans son livre d'entretiens, Lumière du Monde, publié en 2010, le pape avait confié que l'orthodoxie est «le lieu le plus près de chez nous, où nous pouvons le plus espérer nous rejoindre».

«Catholiques et orthodoxes ont la même structure fondamentale», avait-il dit, tout en notant qu'il existe entre l'Église catholique et les Églises orthodoxes «avant tout d'immenses différences historiques et culturelles».

Benoît XVI avait dressé particulièrement l'éloge du patriarche oecuménique de Constantinople, Bartholomée Ier, avec lequel existe «une véritable amitié, fraternité».