Les 28 pays de l'OTAN ont convenu jeudi qu'aucune des 240 armes nucléaires américaines encore entreposées en Europe n'en sera retirée unilatéralement sans accord préalable de l'ensemble des alliés, a annoncé le porte-parole de l'OTAN.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Rien ne sera changé unilatéralement en ce qui concerne la politique ou le dispositif nucléaire de l'OTAN», a déclaré James Appathurai à l'issue d'un dîner de travail des chefs de la diplomatie de l'alliance consacré à la question nucléaire.

«Toutes les décisions seront prises ensemble», a-t-il ajouté, en réponse à une question sur l'éventualité qu'un des cinq pays stockant les bombes atomiques de fabrication américaine sur son sol (Allemagne, Belgique, Italie, Pays-Bas et Turquie) n'en demande le retrait.

Dans une lettre remise fin février au secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, les chefs de la diplomatie de ces cinq pays lui ont demandé de lancer un débat sur le rôle de ces engins, lors de la réunion ministérielle tenue à Tallinn.

Selon des experts, 240 bombes largables par avion, dites «à gravitation», sont conservées dans des fortins dans des bases aériennes. Leur emploi, depuis l'époque de la Guerre froide, dépend du système de la «double clé»: celle des États-Unis et celle du pays hôte.

En cas de conflit, la mission de les larguer sur un objectif ennemi serait en principe confiée à des chasseurs-bombardiers du pays hôte et non à des appareils américains.

Les ministres ont constaté que l'OTAN, au fil des années, avait réduit le nombre de ses armes nucléaires ainsi que leur rôle militaire, a observé M. Appathurai.

Mais tant qu'il y aura des armes nucléaires dans le monde, a-t-il ajouté, l'Alliance atlantique «préservera un appareil de dissuasion crédible et sûr», «de même qu'une combinaison appropriée d'armes atomiques et conventionnelles».

Partisan déclaré du retrait de ces bombes d'Allemagne, le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle a déclaré à la presse à Tallinn «qu'il était temps de faire progresser le désarmement y compris nucléaire».

La question de savoir «comment l'OTAN pouvait contribuer au progrès en matière de désarmement» a bien été soulevée, a indiqué M. Appathurai, mais «aucune proposition spécifique n'(a) été mise sur la table».

 

La Bosnie à la porte de l'OTAN

Les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'OTAN ont accepté jeudi que la Bosnie-Herzégovine prenne part au plan d'action pour l'adhésion de l'OTAN, une étape-clé vers sa future participation au sein de l'OTAN.

Le porte-parole de l'OTAN James Appathurai a annoncé jeudi que les ministres des Affaires étrangères de l'OTAN ont accepté que la Bosnie rejoigne le plan d'action pour l'adhésion de l'OTAN, à condition que l'ancienne République yougoslave complète l'enregistrement de l'ensemble de ses équipements militaires.

La Bosnie avait présenté, l'année dernière, sa candidature au plan d'action d'adhésion de l'OTAN. Ce plan devrait faciliter l'adhésion future de la Bosnie en qualité de 28e membre de l'Alliance nord-atlantique.

-Avec AP