L'arrestation dimanche matin en France du numéro un présumé de l'ETA est d'une «grande importance», a déclaré le ministre espagnol de l'Intérieur, qui a indiqué que les deux hommes arrêtés avec lui faisaient partie d'un commando prêt à entrer en Espagne.

Mis à jour le 28 févr. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Une opération d'une grande importance a eu lieu en France», a déclaré Alfredo Perez Rubalcaba lors d'une conférence de presse à Madrid.

L'ETA «vient de vivre les deux mois les pires de son histoire», avec «32 arrestations», en Espagne, en France et au Portugal et «ils ont perdu des explosifs, une base logistique au Portugal», a ajouté le ministre.

Ibon Gogeascoechea Arronategui, 54 ans, chef militaire présumé de l'ETA, était «plus haut responsable actuel» de l'organisation indépendantiste basque armée, a souligné M. Rubalcaba.

Les deux autres membres présumés de l'ETA arrêtés avec lui à Cahan, un petit village de l'Orne en Basse-Normandie (nord-ouest), Beinat Aguinalde Ugartemendia, 26 ans et Gregorio Jimenez Morales, 55 ans, «faisaient partie d'un commando prêt à entrer en Espagne» pour commettre des attentats, selon le ministre.

«Ils venaient dire au revoir au chef militaire, qui leur donnait ses dernières instructions, comme l'ETA a l'habitude de le faire», a-t-il affirmé, précisant que deux pistolets et un revolver ont été saisis lors de l'opération.

Beinat Aguinalde Ugartemendia est l'auteur présumé de deux assassinats revendiqués par l'ETA, celui d'Isaias Carrasco, ex-élu socialiste tué par balles quelques jours avant les élections législatives de mars 2008, et celui d'Ignacio Uria Mendizabal, entrepreneur basque assassiné par balles en décembre 2008.

Gregorio Jimenez Morales, faisait partie d'un commando accusé d'avoir transporté des missiles pour tenter d'assassiner en 2001 le chef du gouvernement espagnol de l'époque, José Maria Aznar.

«Ils avaient des profils très complémentaires», selon M. Rubalcaba.

L'ETA, considérée comme une organisation terroriste par l'Union européenne et les Etats-Unis, est jugée responsable de la mort de 828 personnes en plus de 40 ans de violences pour obtenir l'indépendance du Pays basque.