La justice italienne a remis en liberté trois mois avant la fin de sa peine un détenu condamné par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour sa participation au génocide rwandais sans en avertir le TPIR, a indiqué jeudi le porte-parole du tribunal.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Seul non Rwandais à avoir été inculpé par le TPIR, Georges Ruggiu, ancien animateur italo-belge de Radio-télévision libre des mille collines (RTLM) avait été condamné à 12 ans de prison le 1er juin 2000 après avoir plaidé coupable d'incitation directe et publique à commettre le génocide et de persécution.Arrêté au Kenya en juillet 1997 et incarcéré au centre de détention du TPIR à Arusha, en Tanzanie, il avait été transféré dans une prison italienne en février 2008, en vertu d'un accord sur «l'exécution des peines» conclu entre l'Italie et les Nations unies le 17 mars 2004.

«Selon des informations recueillies informellement par le tribunal auprès des autorités judiciaires locales en Italie, monsieur Ruggiu a été libéré le 21 avril», a déclaré à l'AFP le porte-parole du TPIR, Roland Amoussouga.

«À ce jour, le TPIR n'a pas reçu de réponse à deux correspondances officielles adressées au ministère italien de la Justice (...) qui demandaient à l'Italie de notifier promptement au tribunal toute possibilité de libération anticipée pour monsieur Ruggiu (...) afin de permettre au président du TPIR de prendre une décision finale», a-t-il ajouté.

Le statut du TPIR, créé par le conseil de sécurité de l'ONU, prévoit que «si le condamné peut bénéficier d'une grâce ou d'une commutation de peine en vertu des lois de l'État dans lequel il est emprisonné, cet État en avise le tribunal».

«Une grâce ou une commutation de peine n'est accordée que si le président (du TPIR), en consultation avec les juges, en décide ainsi», stipule également le statut du tribunal.