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Dominique de Villepin opposé au retour de la France dans l'OTAN

L'ancien Premier ministre français, Dominique de Villepin.... (Photo: Reuters)

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L'ancien Premier ministre français, Dominique de Villepin.

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Emmanuel Georges-Picot
Associated Press
Paris

L'ancien premier ministre français et rival acharné de Nicolas Sarkozy a fait salle comble, mercredi après-midi, dans les sous-sols de l'Assemblée nationale, où ses amis députés l'avaient invité à expliquer son opposition au retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN.

La rencontre, organisée par les six députés qui lui restent fidèles, a réuni plus de 300 personnes salle Victor-Hugo. En plus du sextuor villepiniste, on remarquait la présence de l'ancien président du Conseil constitutionnel Yves Guéna, des ex-ministres Henri Cuq, Nelly Olin et Brigitte Girardin, ainsi que du député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan. «J'en connais d'autres qui dans d'autres endroits ont commencé avec moins que ça», a glissé le héros du jour.

Pendant 40 minutes, le héraut du «non» à l'intervention américaine en Irak en 2003, qui n'était plus revenu au Palais-Bourbon depuis mai 2007, a développé les raisons de son hostilité à la décision «inopportune» et «dangereuse» de Nicolas Sarkozy, officialisée en fin de semaine lors du sommet de Strasbourg et Kehl.

Dénonçant une nouvelle fois «une rupture avec l'héritage gaulliste» et avec «un consensus français», il a vu dans cette décision «à contretemps», «à contresens» et à «contre-emploi» le «risque d'un amoindrissement de la voix de la France» dans le monde.

L'ancien ministre des Affaires étrangères a jugé que cette décision allait «dans le sens d'une militarisation des relations internationales» et adressait un «signal d'occidentalisation» de la diplomatie française, à l'opposé de sa vocation traditionnelle de «trait d'union entre l'Est et l'Ouest, le Nord et le Sud». Prenant l'exemple de l'Afghanistan, il a mis en garde contre la «dérive dangereuse» vers une OTAN «bras armé de l'Occident».

Il s'est montré très dubitatif sur les chances de Nicolas Sarkozy de «codiriger» l'Alliance, «organisation militaire sous l'égide des Etats-Unis»: «le temps de la photo, il sera effectivement à la gauche ou à la droite du principal responsable, mais pour ce qui est de l'influence, c'est une chose beaucoup plus complexe». Selon lui, «on peut être l'alchimiste de toutes les transfigurations, mais on ne transforme pas la réalité».

Estimant qu'aucun progrès n'avait été fait sur l'Europe de la défense, il a réclamé des «gestes forts et concrets» sous la forme d'une réunion des Européens «très rapidement» après le sommet de Strasbourg.

Dominique de Villepin a insisté sur la responsabilité de Nicolas Sarkozy devant l'histoire: «voilà un acte qui suivra le président de la République et il est comptable des conséquences de cet acte».

L'ancien premier ministre n'a éludé aucune question de la salle, ne ratant pas une occasion de se payer son rival. Il a ainsi ironisé sur la menace de la chaise vide au sommet du G-20. «Barack Obama et Gordon Brown ont rappelé que Nicolas Sarkozy serait présent des hors-d'oeuvre au dessert. Je crois que la feuille de route est clairement fixée», a-t-il raillé.

En réponse à une question sur la crise, il a insisté sur «l'exigence de justice sociale», critiquant «l'approche technocratique» qui a consisté à maintenir le bouclier fiscal.

Dominique de Villepin, dont l'avenir politique est suspendu au jugement du tribunal correctionnel de Paris dans l'affaire Clearstream, s'est montré moins disert sur ses éventuelles ambitions pour la présidentielle de 2012. «Merci de me faire confiance», a-t-il répondu à une étudiante qui exprimait son désir de voter pour lui.

«L'élection, ce sont des circonstances qui font qu'elle devient naturelle. Croyez bien, je serai à ce rendez-vous», a-t-il confié un peu plus tard aux journalistes.

«Nous aurons d'autres occasions de nous retrouver avec Dominique, soyez-en sûrs», a conclu le député Georges Tron, l'un des organisateurs de la rencontre. Jean-Pierre Grand se rappelait quant à lui l'appel de Jacques Chirac en 1976 à Egletons, qui avait précédé la fondation du RPR.

Ce retour n'était cependant pas du goût de tout le monde. «L'inspecteur Villepin a aujourd'hui, une fois de plus, démontré son mépris pour les parlementaires en piétinant une décision déjà prise», a réagi le très sarkozyste Christian Estrosi, ulcéré que «certains députés du groupe cautionnent ces critiques systématiques».




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