Des milliers de personnes ont manifesté samedi dans les rues de Naples (sud) contre la mafia dans le cadre de la Journée de la mémoire des victimes de la «pieuvre», a constaté sur place un photographe de l'AFP.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Le cortège, guidé par les membres des familles des victimes de la mafia, comprenait des milliers de personnes venues de toutes les régions d'Italie et de 30 pays du monde entier, s'est félicité le prêtre Luigi Ciotti, président de l'association Libera qui a organisé cette 14e Journée nationale dédiée aux victimes du crime organisé.

«La mafia et la camorra», la mafia napolitaine, «ne sont pas éternelles, elles peuvent être battues», a déclaré Antonio Bassolino, président de la Campanie, la région dont Naples est le chef-lieu.

«Notre mot d'ordre doit être +continuité+ car il faut lutter 365 jours par an contre la mafia», a-t-il ajouté, réclamant davantage de ressources pour les forces de l'ordre et la justice, selon l'agence Ansa.

«Je suis fâchée et moins optimiste qu'il y a 17 ans, lorsque mon frère fût tué», a déclaré pour sa part Rita Borsellino, soeur du juge Paolo Borsellino, assassiné par Cosa Nostra en plein centre de Palerme, en Sicile.

«Les mafia ont changé, elles sont plus dangereuses, elles sont mieux insérées dans les ganglions du pouvoir, donc la situation est pire qu'il y a 17 ans. Nous avons besoin d'institutions qui nous sont plus proches, de davantage de ressources», a-t-elle ajouté.

Les quatre mafia italiennes - Cosa Nostra sicilienne, Camorra napolitaine, 'Ndrangheta calabraise et Sacra Corona Unita des Pouilles -- ont fait plus de 900 morts au cours des dernières décennies.

L'écrivain italien Roberto Saviano, auteur du best-seller adapté au cinéma «Gomorra» et menacé par la Camorra en raison de ce livre-enquête sur les crimes de la mafia napolitaine, a fait une apparition surprise devant les manifestants à la fin du défilé.