Les enfants de la journaliste russe Anna Politkovskaïa et son journal ont regretté jeudi les acquittements de quatre suspects, jugeant qu'ils étaient impliqués dans son meurtre en 2006.

Mis à jour le 19 févr. 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

«J'estime que tous les quatre sont liés d'une manière ou d'une autre au meurtre de Maman. Il aurait fallu que le degré de leur culpabilité soit prouvé au tribunal. L'accusation n'a pas pu le faire», a déclaré Ilia Politkovski assis aux côtés de sa soeur Vera au cours d'une conférence de presse. «Ceux qui ont été aujourd'hui remis en liberté sont impliqués dans le meurtre», a déclaré Sergueï Sokolov, rédacteur en chef du périodique Novaïa Gazeta qui mène sa propre enquête sur l'assassinat.

M. Sokolov a accusé «le système (étatique) pourri et corrompu» d'avoir empêché les enquêteurs de travailler et d'avoir laissé s'enfuir le tueur présumé.

«Lorsque l'État ne veut pas de coupable, tout se passe alors comme aujourd'hui», a-t-il poursuivi.

L'avocate des enfants de Politkovskaïa Karinna Moskalenko a déclaré qu'elle «s'attendait» à un tel verdict.

«Avons nous atteint réussi à défendre le droit des victimes? La réponse est non (...)» a-t-elle déclaré.

Anna Stavitskaïa, une autre avocate de la famille de Politkovskaïa, a critiqué le travail des enquêteurs jugeant que «l'affaire n'aurait pas dû être soumise telle quelle au tribunal».

«La défense a été plus convaincante» que l'accusation, a-t-elle dit.

«Les enquêteurs n'avaient pas pour objectif de retrouver les vrais criminels», a déclaré l'avocat de deux des suspects, Mourad Moussaïev, sur la radio Echo de Moscou ajoutant que ses clients étaient des «boucs émissaires».