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Un infanticide au couteau de boucher jugé en Belgique

Geneviève Lhermitte risque la prison à vie pour... (Photo: AP)

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Geneviève Lhermitte risque la prison à vie pour avoir égorgé ses quatre filles et son fils, âgés de trois à 14 ans.

Photo: AP

Philippe Siuberski
Agence France-Presse
Nivelles

Le procès d'une mère de famille de 42 ans, accusée d'avoir égorgé ses cinq enfants l'an dernier, s'est ouvert lundi en Belgique par l'éprouvant récit des circonstances du drame, où une extrême violence côtoie un amour maternel irraisonné.

Le tableau qu'ont découvert les secours arrivés dans l'après-midi du 28 février 2007 au domicile de Geneviève Lhermitte, dans le centre de Nivelles, une petite ville de Wallonie jusque-là surtout connue pour son carnaval, est cauchemardesque, selon le résumé de l'enquête lu lors de la première audience par le procureur, Pierre Rans.Assise contre le mur du couloir, au rez-de-chaussée de son habitation, Geneviève Lhermitte a une plaie profonde au thorax. Elle vient d'essayer de se suicider, après avoir tué ses cinq enfants, explique-t-elle à l'infirmière du Samu.

Dans les étages, les policiers découvrent, couchés dans leur lit, les corps des quatre filles et du fils, âgés de 3 à 14 ans, de Geneviève Lhermitte. Le sol et les murs, parfois jusqu'au-dessus des portes, sont maculés de sang.

Assis au premier rang de la cour d'assises, deux hommes essuient leurs larmes: le mari, Bouchaïb Moqadem, rentré du Maroc quelques heures après le drame, et Michel Schaar, un médecin sexagénaire ami et protecteur de la famille, que Geneviève Lhermitte jugeait «envahissant».

Dans son box, l'accusée reste impassible, sans un regard pour le père de ses enfants. Elle devait être interrogée en fin d'après-midi.

Selon ses déclarations aux enquêteurs, Mme Lhermitte, qui traversait une profonde dépression, ne supportait plus la présence du Dr. Schaar, qu'elle considérait comme un «intrus».

Le 28 février 2007, ne voyant pas de solution à ses problèmes et n'imaginant pas ses enfants vivre sans elle, elle entend une voix lui dire: «la machine est en route», a-t-elle expliqué pendant l'instruction.

Munie d'un couteau de boucher, elle dit à Mina, 7 ans, qui regardait la télévision au salon avec ses frères et soeurs, de la rejoindre dans sa chambre. Elle la couche sur le lit et, tout en lui adressant des mots de réconfort, l'étrangle puis lui tranche la gorge.

Elle prend ensuite dans ses bras le petit Mehdi, 3 ans, et remonte avec lui à l'étage. Elle lui dit aussi qu'elle l'aime et l'enfant lui répond «Moi aussi maman, je t'aime». Mais Geneviève Lhermitte l'étrangle et l'égorge également.

A Myriam, 9 ans, elle dit avoir «une surprise» à lui montrer dans le bureau. Elle lui bande les yeux, puis abat une plaque de marbre sur sa tête. L'enfant n'est qu'étourdi et lui dit: «Non maman, ne fait pas cela». Geneviève Lhermitte fait néanmoins «plusieurs mouvements de va-et-vient» sur sa gorge avec le couteau, selon les légistes.

Elle demande alors à Nora, 12 ans, de la rejoindre, l'assied sur une chaise dans la salle de bain et, de derrière, tout en lui demandant pardon, lui passe le couteau sous la gorge. A Yasmine, l'aînée de 14 ans, elle dit que ses frères et soeurs ont un cadeau à lui offrir. Blessée, l'adolescente se défend mais sa mère lui porte un coup de couteau dans le dos avant de l'égorger elle aussi.

Dans une lettre d'adieu laissée à une amie, celle qui avait adopté la culture musulmane de son mari apparemment sans difficulté, expliquait vouloir «partir avec (ses) enfants, très loin et pour toujours».

Elle y accusait son mari d'être sourd à sa détresse et reprochait au docteur Schaar, dont la famille dépendait financièrement depuis des années, de vouloir régenter son ménage.

Invitée en début d'audience à décliner son identité et sa profession, Geneviève Lhermitte s'est présentée comme une «maman au foyer». Elle risque la détention à perpétuité. Son procès devrait durer deux semaines.




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