(Houston, Texas) L’ancien président Donald Trump a appelé vendredi à « armer les citoyens » pour combattre le « mal dans notre société », à l’origine selon lui de l’effroyable tuerie dans une école primaire au Texas.

Mis à jour le 27 mai
Agence France-Presse

Le milliardaire républicain s’exprimait devant le premier lobby américain des armes, qui hasard du calendrier, tenait sa convention annuelle à quelques centaines de kilomètres de la ville texane où a eu lieu la fusillade qui a coûté la vie à 19 enfants et deux enseignantes.

« L’existence du mal dans notre société n’est pas une raison pour désarmer des citoyens respectueux de la loi », a déclaré l’ancien président. « L’existence du mal est la raison pour laquelle il faut armer les citoyens respectueux de la loi », a-t-il assuré.

Donald Trump a accusé son successeur Joe Biden et le parti démocrate d’exploiter politiquement « les larmes des familles » endeuillées en essayant de faire adopter des lois sur les armes à feu.

Aux appels à limiter le nombre d’armes à feu, les conservateurs opposent l’argument de mieux traiter les problèmes de santé mentale aux États-Unis, un point sur lequel Donald Trump a particulièrement insisté vendredi.

Le tireur était un « lunatique hors de contrôle » a ainsi estimé l’ancien locataire de la Maison-Blanche. « Il brûlera en enfer », a-t-il promis.

L’ancien magnat de l’immobilier a aussi appelé à renforcer la sécurité dans les écoles américaines, suggérant d’installer des « clôtures robustes » et des détecteurs de métaux devant les établissements et d’armer les instituteurs.

Quelques minutes plus tôt, lors de la même convention de la National Rifle Association (NRA), le sénateur du Texas Ted Cruz avait jugé qu’une confiscation ou une interdiction des armes aux États-Unis mènerait à une hausse de la criminalité.

« Beaucoup plus de mères célibataires seraient agressées, violées ou assassinées dans le métro », a-t-il martelé.

« Vous ne pouvez pas blâmer le fusil »

Le massacre d’Uvalde au Texas rend Keith Jehlen « malade » mais « vous ne pouvez pas blâmer le fusil » utilisé pour abattre les 21 victimes, selon ce retraité présent vendredi à la convention annuelle de la National Rifle Association (NRA).

« Nous avons toujours eu des armes dans ce pays », ajoute l’homme de 68 ans, ancien employé de la poste, qui possède à titre personnel plus de 50 armes à feu.

M. Jehlen est venu écouter l’ex-président républicain Donald Trump qui a énuméré sur scène les noms des victimes, avant de critiquer les démocrates « répugnants » accusés de diaboliser les membres « pacifiques » de la NRA qui possèdent des armes et respectent les lois.

À l’évocation de la tuerie, Keith Jehlen grimace : « Ça m’a donné la nausée ».

Mais les armes ne sont pas le problème, selon celui qui porte un short à imprimé camouflage et une casquette Trump. Cette tragédie aurait pu se dérouler différemment si les adultes de l’école avaient été armés, argumente-t-il.

« Les tueurs ne craignent pas le juge, ils ne craignent pas la police », assure Keith Jehlen. « Ils devraient avoir peur des victimes auxquelles ils s’en prennent ».

La convention de la NRA n’est pas juste un rassemblement de passionnés de fusils mais aussi un lieu où ils peuvent tester « la sensation » que leur procurent les armes qu’ils envisagent d’acheter.

« Ça me plaît », lance Lisy V, 31 ans, à une représentante d’un fabricant d’armes, tout en soupesant un pistolet 9 mm.

« Vous l’avez en violet aussi, et ça a retenu mon attention », poursuit l’ex militaire à la recherche d’un nouveau pistolet qu’elle puisse cacher sous sa jupe, « parce qu’il fait trop chaud au Texas pour porter des pantalons ».

Interrogée sur Uvalde, elle devient songeuse. « Personnellement, je pense qu’il devrait y avoir une meilleure éducation aux armes », dit-elle.

Mais étant donné que les jeunes peuvent s’engager dans l’armée à 18 ans, ils devraient aussi pouvoir acheter des fusils, selon elle.

Jim Maynard, militant proarmes, qui reconnaît l’existence « d’une forte incertitude » aux États-Unis en ce moment et le fait que de nombreuses personnes soient en deuil, considère toutefois que le maintien de l’assemblée de la NRA était une bonne décision.

« La diabolisation d’un outil ne règle pas le problème auquel nous sommes confrontés », juge-t-il.

Ceux qui blâment les armes pour la flambée de la violence aux États-Unis surfent juste sur une mode, et devraient se concentrer sur le développement de programmes d’aide à la santé mentale, selon lui.

« La manifestation à l’extérieur n’aide pas à empêcher que le prochain massacre ait lieu », conclut-il.