(Florence) Donald Trump a répété qu’il avait gagné la dernière élection présidentielle aux États-Unis et critiqué les « politiciens de Washington » qui veulent « contrôler » la vie des Américains, samedi, lors d’un rassemblement devant ses partisans en Arizona.

Mis à jour le 15 janvier
Huw GRIFFITH Agence France-Presse

« On en a marre que les politiciens de Washington contrôlent nos vies. On en a marre des obligations », a-t-il tonné.

« Les démocrates extrémistes veulent faire des États-Unis un pays communiste », a-t-il aussi lancé.

Avant d’entonner son leitmotiv mensonger depuis le dernier scrutin présidentiel de novembre 2020 : « Nous avons gagné les élections. Nous avons largement gagné. Nous ne pouvons pas les laisser s’en tirer à si bon compte. »

Avant lui, des orateurs avaient déjà chauffé la foule, désignant Joe Biden comme quelqu’un de « faible » et de « dérangé », et ciblant les « médias boiteux », sifflés par les partisans de l’ex-président républicain.

La plupart des marqueurs du trumpisme ont été utilisés, de l’élection volée à l’injustice des médias, en passant par l’ouverture des frontières et le fait que les États-Unis seraient devenus « la risée du monde entier ».

PHOTO ROSS D. FRANKLIN, ASSOCIATED PRESS

Foule rassemblée samedi pour la réunion publique de Donald Trump

Certains étaient arrivés à Florence, bourgade rurale au sud-est de la capitale de l’État, Phoenix, plusieurs jours à l’avance de la Floride ou du Texas.

Dans le vent désertique flottaient, sur un vaste champ, les drapeaux « Trump 2020 » et « Trump 2024 », pour encourager le milliardaire défait dans les urnes après quatre années à la Maison-Blanche à se représenter à la prochaine présidentielle.

Avant le début de la réunion publique, la foule scandait « Let’s go Brandon », formule codée insultante pour Joe Biden devenue cri de ralliement de la base trumpiste.

« C’est presque comme un Woodstock MAGA », un mélange entre le festival hippie des années 1960 et les réunions « Make America Great Again » (« Rendre à l’Amérique sa grandeur ») de l’ex-magnat de l’immobilier, s’enthousiasme Jonathan Riches, qui affirme en être à sa 40e réunion publique de Donald Trump. « Ce sont des patriotes de tout le pays qui se rassemblent pour le bien du pays. Nous aimons notre président », lance-t-il.

Conférence de presse annulée

Après avoir invoqué notamment une prétendue malveillance des médias pour expliquer l’annulation d’une conférence de presse qu’il voulait organiser le 6 janvier, lors du premier anniversaire de l’assaut meurtrier de ses partisans sur le Capitole américain, Donald Trump a donc fait cette fois face à un public conquis.

Parmi les invités figurait Kari Lake, candidate au poste de gouverneure de l’Arizona, à laquelle Donald Trump a apporté son soutien et qui a affirmé par le passé qu’elle n’aurait pas certifié la victoire de Joe Biden dans cet État clé si elle avait été en poste à ce moment-là.

Donald Trump conserve une grande influence sur le Parti républicain, dont beaucoup d’élus désirant conserver leur siège aux prochains scrutins souhaitent bénéficier de son adoubement et adhèrent donc souvent aux théories du complot suggérant que la présidentielle a été volée – ou au moins ne les infirment pas ouvertement.

Le rassemblement de Florence était le premier avec un public important depuis octobre pour le milliardaire. Comme il le fait souvent, Donald Trump a proclamé qu’il s’agissait du « plus grand public », allant « plus loin que ce que l’œil peut voir ». Aucun chiffrage précis n’a cependant été fourni, et la foule n’avait pas l’ampleur de celles qui venaient le voir avant sa victoire en 2016.

PHOTO ROSS D. FRANKLIN, ASSOCIATED PRESS

Foule rassemblée samedi pour la réunion publique de Donald Trump

Donald Trump, banni de Twitter et qui, depuis son départ de la Maison-Blanche, préférait intervenir sur des médias ultraconservateurs et acquis à sa cause, a accordé une interview mardi à la radio publique NPR.

Après avoir recommandé aux Américains de se faire vacciner contre la COVID-19 – une question politiquement sensible aux États-Unis –, il a coupé court à l’entretien lorsque le journaliste a remis en question ses allégations non étayées de fraude à la présidentielle.

Son rassemblement intervenait par ailleurs 24 heures après l’annonce de l’abandon, par un service majeur de télévision, de la chaîne pro-Trump One America News Network (OAN).

L’ex-président a conseillé à de multiples reprises à ses sympathisants de se tourner vers cette chaîne ultraconservatrice et conspirationniste, qui tente de concurrencer Fox News chez l’électorat de droite.