(Washington) L’un des dirigeants du géant du gaz russe Novatek, Mark Gyetvay, Américain à qui Vladimir Poutine a accordé la nationalité russe, a été interpellé aux États-Unis et sera jugé pour fraude et évasion fiscale, pour lesquelles il encourt plusieurs dizaines d’années de prison.

Agence France-Presse

Comptes en Suisse, déclarations de revenus aux États-Unis déposées en retard, fausses déclarations… Mark Gyetvay, membre du conseil de direction de Novatek, est accusé d’avoir mis en place « un stratagème » pour tromper le fisc américain, échappant à plusieurs millions de dollars d’impôts.

Il aurait ainsi, entre 2005 et 2016, dissimulé « sa propriété et son contrôle sur d’importants actifs à l’étranger et (omis) de déclarer et de payer des impôts », selon un communiqué de presse du ministère américain de la Justice.

Compte en Suisse de 93 millions

Il lui est notamment reproché d’avoir ouvert deux comptes en Suisse pour placer ses « options d’achat d’actions lucratives » et une partie de sa rémunération qui lui était versée en actions. Le solde de l’un de ces comptes a dépassé, pendant une période, les 93 millions de dollars, est-il précisé.

Pour « dissimuler sa propriété et son contrôle sur les comptes étrangers et les actifs associés », il a aussi déclaré que son épouse de l’époque, une citoyenne russe, était « la bénéficiaire effective des comptes ».  

« Bien qu’il soit expert-comptable (Mark) Gyetvay n’aurait pas non plus produit en temps voulu ses déclarations de revenus aux États-Unis ni tous les formulaires requis » concernant ses comptes à l’étranger, ajoute le département de la Justice dans son communiqué.

Mark Gyetvay est également accusé d’avoir fourni de fausses déclarations.

Si l’Américain a été un temps directeur financier de Novatek, il a quitté cette fonction en 2014 et est désormais membre du conseil d’administration, a précisé la compagnie dans un communiqué publié vendredi.

« La situation n’a absolument aucune conséquence sur les activités opérationnelles ou financières de Novatek », numéro deux du gaz russe, est-il indiqué.

Une première audience s’est tenue jeudi devant un juge en Floride et Mark Gyetvay a été remis en liberté conditionnelle dans l’attente du procès.