(New York) Un « influenceur » pro-Trump a été arrêté mercredi, accusé d’avoir propagé de fausses informations sur Twitter en 2016 afin de supprimer des milliers de votes destinés à Hillary Clinton pour l’élection présidentielle qui l’opposait au magnat new-yorkais.

Agence France-Presse

Selon l’acte d’accusation rendu public mercredi, Douglass Mackey, 31 ans, plus connu sous le pseudonyme Ricky Vaughn, avait posté une série de messages sur Twitter dans les semaines précédant la présidentielle du 8 novembre 2016, encourageant des milliers d’électeurs d’Hillary Clinton à envoyer leurs suffrages par simple texto. Il leur faisait ainsi croire que leurs voix seraient comptabilisées et qu’ils n’auraient pas besoin d’aller voter pour de bon.

La plainte ne nomme pas directement Hillary Clinton ou Donald Trump. Mais les messages de M. Mackey et ses amis, cités dans la plainte, ne laissent aucun doute sur les électeurs qu’ils entendaient berner, en utilisant notamment des qualificatifs insultants pour les démocrates.  

L’idée était apparemment venue de la campagne britannique pour le référendum sur le Brexit de juin 2016 : un partisan de Donald Trump avait relevé un message trompeur appelant les tenants d’un maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne à envoyer un texto au lieu de voter en personne au référendum.

La plainte ne dit pas précisément combien de personnes ont ainsi raté l’occasion de voter pour Hillary Clinton.  

Mais la société de télécommunications qui possédait le numéro donné par M. Mackey pour envoyer les textos, iVisionMobile, a recensé « au moins 4900 messages provenant de numéros uniques » respectant la fausse consigne de vote, indique la plainte.

Bien que banni à deux reprises de Twitter, Douglass Mackey avait réussi à chaque fois à revenir avec un nouveau compte, relève aussi le document juridique.  

Avec quelque 58 000 abonnés début 2016, il arrivait au 107e rang des « influenceurs » de l’élection, devant la chaîne télévisée NBC News ou le présentateur Stephen Colbert, selon le Media Lab du MIT cité par le FBI.

Arrêté en Floride mercredi, il risque jusqu’à 10 ans de prison en cas de condamnation.