(Washington) Les policiers américains blancs utilisent davantage leur arme que leurs collègues noirs, et encore plus dans les quartiers à majorité noire, selon une étude qui conforte un sentiment souvent exprimé par les minorités aux États-Unis.

Agence France-Presse

Quand ils sont appelés sur des interventions d’urgence, les agents blancs utilisent en moyenne deux fois plus souvent « la force des armes que les agents noirs », écrivent les économistes Mark Hoekstra et CarlyWill Sloan de l’Université A & M au Texas.

S’ils font usage de leur arme de manière comparable « dans les quartiers blancs et mixtes, les agents blancs sont cinq fois plus susceptibles d’utiliser leur arme dans des quartiers à majorité noire », soulignent-ils dans une étude soumise à discussions sur le site du Bureau national de la recherche économique.

Pour parvenir à ces chiffres, les chercheurs ont épluché plus de deux millions d’appels passés au numéro d’urgence 911 dans deux grandes villes américaines – non nommées – qui dépêche les agents au hasard.

L’échantillon n’est donc pas forcément représentatif de tout le pays, mais est suffisamment large pour « démontrer que la question raciale compte à un moment où la police, et les agents blancs en particulier, savent qu’ils sont observés de près par les médias et la population », écrivent-ils, en rappelant que 24 % des Afro-Américains n’expriment « aucune confiance » dans la police locale.

Les morts de Noirs abattus par des policiers blancs provoquent régulièrement l’émoi aux États-Unis, où elles ont donné naissance au mouvement « Black Lives Matter » (la vie des Noirs compte).