(Detroit) Revigorés par sa conférence de presse incendiaire de jeudi soir, les supporters les plus convaincus de Donald Trump continuent de contester les résultats électoraux de plusieurs États américains.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Vendredi matin à Detroit, au Michigan, ils étaient environ 200 à s’être réunis devant le centre des congrès de la ville afin de crier leur colère. C’est dans cet édifice que s’est tenu, de mardi à jeudi, le dépouillement des bulletins postaux pour l’agglomération de Detroit. Ces votes ont fait pencher la balance en faveur de Joe Biden et lui ont permis de remporter les 16 grands électeurs du Michigan.

« Nous avons gagné, honnêtement et complètement », scandaient les manifestants pro-Trump, malgré l’avance relativement importante dont jouit le candidat démocrate. Au-dessus d’eux flottaient des drapeaux américains et des bannières à l’effigie du président Trump.

Gary Smith a fait la route depuis Casco, une communauté rurale à l’extérieur de Detroit, pour exprimer son opposition.

« Je soutiens le président, je soutiens ce qu’il fait et ce qu’il prévoit faire, y compris ses efforts judiciaires pour mettre de l’ordre dans ces élections, a-t-il expliqué. « Il y a eu beaucoup de fraude dans l’élection. J’espère qu’il gagnera et qu’il pourrait nettoyer les dégâts que le leadership démocrate a causé. »

Depuis mercredi, plusieurs militants pro-Trump évoquent diverses théories selon lesquelles l’élection aurait été viciée par une fraude à grande échelle, notamment à Detroit. Le président Trump a relayé ces allégations depuis la Maison-Blanche, soulignant que Detroit avait la réputation d’être corrompue. Aucun média sérieux n’a accordé de crédibilité à ces allégations, qui ne sont pas appuyées par des témoignages directs ou des faits tangibles.

M. Smith a affirmé qu’il respecterait toute décision de la justice américaine, même si elle devait être défavorable au président Trump.

« Je suis venue pour soutenir la vérité. Notre État n’a pas été très transparent », a affirmé Shelley Huizinga. « Les lois électorales doivent être suivies. Les deux partis devaient pouvoir observer le dépouillement. » « Ça n’a pas été respecté », a ajouté sa camarade Angela Rigas. Elle a dit avoir entendu un témoignage selon lequel des observateurs républicains ont été expulsés de la salle de décompte. « Il y a une enquête et les avocats sont sur le dossier, mais je peux vous dire que les règles n’ont pas été suivies. »

La secrétaire d’État du Michigan est sur toutes les tribunes depuis mercredi et assure que toutes les règles ont été suivies.

À Detroit, la vaste majorité des manifestants pro-Trump ne portaient pas de masque, malgré leur très grande proximité les uns avec les autres. Certains avait revêtu un dossard indiquant qu’ils formaient une « équipe d’intervention anti-tyrannie ». Un autre avait un t-shirt marqué des mots : « Te parler me donne envie de nettoyer mon fusil ».

Jeudi, un militant d’extrême gauche s’est présenté avec un fusil à pompe devant le centre des congrès de Detroit.

Aucun incident violent n’a été signalé jusqu’à maintenant à Detroit en lien avec les élections.