(Washington) Le président américain Donald Trump assure ne pas savoir comment l’histoire se souviendra du militant des droits civiques John Lewis et souligne que ce dernier a boycotté sa cérémonie d’investiture en janvier 2017, dans un entretien avec un site américain.

Agence France-Presse

John Lewis, ancien compagnon de route de Martin Luther King et pilier des parlementaires démocrates américains, est décédé le 17 juillet à l’âge de 80 ans. Il a reçu une série d’hommages solennels dans tout le pays, notamment au Congrès où son cercueil a été déposé sous la rotonde, un honneur réservé aux plus hautes personnalités américaines. Des personnalités de tous bords ont salué sa mémoire.

Interrogé par le site Axios pour savoir comment il pense que l’histoire se souviendra de John Lewis, M. Trump répond : « Je ne sais pas, je ne sais vraiment pas ».

« Je ne connais pas John Lewis, il a choisi de ne pas venir à mon investiture », ajoute-t-il dans cet entretien diffusé lundi et enregistré la semaine dernière.

PHOTO JONATHAN ERNST, REUTERS

Donald Trump

John Lewis s’était opposé à M. Trump à maintes reprises, outre le boycottage de sa cérémonie d’investiture, en évoquant des ingérences russes dans l’élection présidentielle de 2016 et en avertissant que la démocratie américaine était menacée.

M. Trump répond ensuite à la question reformulée (« Le trouvez-vous impressionnant ? ») : « Je ne peux pas dire dans un sens ou dans l’autre. Je trouve beaucoup de gens impressionnants, je trouve beaucoup de gens pas impressionnants ».

« Il n’est pas venu à mon investiture, il n’est pas venu à mes discours sur l’état de l’Union - et pas de problème, c’est son droit », insiste-t-il.

« Personne n’a fait davantage que moi pour les Américains noirs », assure M. Trump dans cet entretien. À nouveau interrogé sur John Lewis (« En faisant abstraction de votre relation avec lui, trouvez-vous son histoire impressionnante, qu’a-t-il fait pour ce pays ? »), il répond : « C’était quelqu’un qui a consacré beaucoup d’énergie et beaucoup de cœur aux droits civiques, mais il y en a eu beaucoup d’autres aussi ».

Les commentaires du président interviennent après de grandes manifestations dans tout le pays et un débat national sur le racisme suscités par la mort de George Floyd, un quadragénaire noir asphyxié par un policier blanc le 25 mai à Minneapolis. Ce mouvement a donné une nouvelle tournure à la campagne pour l’élection présidentielle de novembre.