(Washington) Le président Trump a signé mercredi un décret visant à lutter contre l’antisémitisme sur les campus universitaires, ce qui suscite une vive controverse, ses détracteurs dénonçant une atteinte à la liberté d’expression.

Agence France-Presse

Ce décret élargit la définition de l’antisémitisme utilisée par le département de l’Éducation lorsqu’il fait appliquer la loi sur les droits civiques de 1964. Le texte ordonne en particulier d’utiliser la définition de l’antisémitisme donnée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA).

«C’est notre message aux universités : si vous voulez bénéficier des énormes sommes que vous recevez chaque année de la part de l’État fédéral, vous devez rejeter l’antisémitisme», a déclaré M. Trump à l’occasion d’une cérémonie à la Maison-Blanche pour célébrer Hanouka, la fête des Lumières.

Avec ce décret, Donald Trump «défend les étudiants juifs» et «indique clairement que l’antisémitisme ne sera pas toléré», a indiqué son gendre et conseiller Jared Kushner dans une tribune publiée dans le New York Times.

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Jared Kushner a participé à la cérémonie de signature, en compagnie de sa femme Ivanka Trump.

Mais des défenseurs de la liberté d’expression redoutent qu’une définition trop large et trop vague de l’antisémitisme soit utilisée pour interdire tous les propos critiques envers la politique du gouvernement israélien.

Pour Jeremy Ben-Ami, président de l’organisation progressiste juive J-Street, le décret présidentiel «semble moins destiné à combattre l’antisémitisme qu’à limiter la liberté d’expression et sévir sur les campus contre les critiques visant Israël».