(Portland) Aucun incident majeur n’avait été signalé samedi après-midi à Portland (ouest des États-Unis) lors d’un rassemblement d’extrême droite et d’une contre-manifestation d’extrême gauche faisant craindre des heurts violents aux autorités locales et au président américain Donald Trump, qui surveillait l’événement « de très près ».

Agence France-Presse

Après la dispersion des rassemblements à la mi-journée, de petits groupes d’extrémistes des deux bords ont échangé des quolibets et quelques coups accompagnés de gaz au poivre, selon plusieurs témoignages.

La police de Portland a fait état d’au moins treize interpellations, mais personne n’a été sérieusement blessé, selon une porte-parole.  

« On surveille Portland de très près. On espère que le maire pourra bien faire son travail ! », a tweeté Donald Trump.

« Sérieuse réflexion engagée sur la possibilité de désigner les ANTIFA comme une “organisation terroriste” », a ajouté, sans plus de précisions, le président républicain à propos des groupes radicaux d’extrême gauche se réclamant de « l’antifascisme ».  

Plusieurs organisations d’extrême droite avaient appelé à un rassemblement samedi dans la plus grande ville de l’État d’Oregon, bastion progressiste de la côte ouest américaine. Leur mot d’ordre était « Mettre fin au terrorisme intérieur », en référence aux groupes radicaux d’extrême gauche avec lequel ils se sont déjà physiquement affrontés ces derniers mois à Portland.  

Des groupes d’extrême gauche, comme le Rose City Antifa considéré comme le plus ancien groupe « antifa » du pays, ont organisé une contre-manifestation, à laquelle se sont joints de nombreux habitants protestant contre la présence de mouvements ultranationalistes dans leur ville.

Ces événements, non autorisés, ont rassemblé de part et d’autre « plusieurs centaines de personnes dans le centre-ville » selon la police de Portland.

Pont et rues fermés, policiers antiémeutes lourdement équipés et maniant de longues matraques, agents à vélo sillonnant les rues, bateaux sur la rivière Willamette divisant la ville : les forces de l’ordre ont déployé d’importants moyens pour s’interposer entre les deux groupes et empêcher les affrontements tout au long de la journée.

D’un côté, on trouvait des drapeaux américains brandis par un mélange de militants d’extrême droite comme les Proud Boys, considérés comme racistes par certains experts, et de partisans plus classiques du président Donald Trump, souvent coiffés de casquettes rouges « Make America Great Again », le slogan de M. Trump lors de la campagne présidentielle de 2016.

De l’autre, une troupe hétéroclite de jeunes au visage parfois masqué, entièrement vêtus de noir, côtoyant de simples habitants de Portland, pour certains déguisés en licorne ou en banane.

En début de journée, la police avait indiqué avoir saisi des vaporisateurs répulsifs contre les ours, des boucliers artisanaux, des bâtons et même des tringles à rideaux.

Le maire démocrate de la ville, Ted Wheeler, a promis une tolérance zéro face à d’éventuels actes de vandalisme ou de violence.