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Trump interdit aux clandestins de déposer des demandes d'asile

Un groupe de migrants d'Amérique centrale marchent après... (Photo ADREES LATIF, REUTERS)

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Un groupe de migrants d'Amérique centrale marchent après avoir traversé la rivière Rio Grande entre le Mexique et les États-Unis.

Photo ADREES LATIF, REUTERS

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Agence France-Presse
Washington

Donald Trump a signé vendredi un décret qui permet de rejeter automatiquement les demandes d'asile déposées par des personnes ayant traversé illégalement la frontière avec le Mexique, une mesure aussitôt contestée en justice par des organisations de défense des droits civils.

Le président américain, qui a fait de l'immigration son principal thème de campagne avant les élections de mi-mandat du 6 novembre, a pris cette mesure pour tenter de décourager les migrants centraméricains, dont la plupart fuient la violence chez eux, d'entrer aux États-Unis. Il entend obliger Mexico à les prendre en charge.

« La migration de masse et continue d'étrangers n'ayant aucune raison d'être admis aux États-Unis par notre frontière sud a provoqué une crise et sape l'intégrité de nos frontières », a déclaré M. Trump dans le texte.

Trois organisations, dont la puissante organisation de défense des libertés civiques ACLU, ont annoncé qu'elles avaient porté plainte devant la justice fédérale pour contester le décret.

« Le nouveau décret du président Trump sur l'asile est illégal. Ni le président ni ses ministres ne peuvent passer outre les principes clairs de la loi américaine, mais c'est exactement ce qu'ils tentent de faire », a indiqué Omar Jadwat, de l'ACLU, dans un communiqué annonçant l'action en justice au nom des trois organisations.

« Cet acte sape l'État de droit et est une grande faillite morale parce qu'il essaie d'enlever des protections à des personnes persécutées », a-t-il ajouté.

Le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (UNHCR) a lui aussi reproché à Washington de ne pas remplir ses obligations d'aide envers les réfugiés.

« L'UNHCR attend de tous les pays, y compris les États-Unis, qu'ils s'assurent que toute personne ayant besoin d'une protection en tant que réfugié et d'une assistance humanitaire soit en capacité de recevoir ces deux aides rapidement et sans obstacle », a-t-il écrit.

L'agence basée à Genève a estimé que les capacités d'accueil limitées des États-Unis à la frontière provoquaient des délais d'attente qui forçaient les migrants à se tourner vers des passeurs.

« Renvoyer les étrangers au Mexique »

Le président républicain dénonce régulièrement une « invasion » alors que des « caravanes » de migrants se dirigent actuellement vers les États-Unis. Son décret est censé soulager un système déjà surchargé, quelque 700 000 cas étant actuellement en attente dans les tribunaux.

Des responsables américains jugent que puisque le Mexique est le premier pays considéré comme sûr où les migrants arrivent depuis le Guatemala, le Salvador et le Honduras, c'est là que les demandes devraient être déposées.

« Le Mexique est sans aucun doute un pays sûr pour ces individus fuyant la persécution », a expliqué un responsable du gouvernement Trump à des journalistes vendredi.

« Nous voulons que les gens viennent dans notre pays mais ils doivent venir de manière légale », a déclaré M. Trump avant de s'envoler pour la France.

Le décret présidentiel américain dit clairement que M. Trump veut que le Mexique gère cette question. Il précise que le rejet automatique des demandes d'asile déposées par des personnes traversant illégalement la frontière se poursuivra pendant 90 jours ou jusqu'à ce qu'un accord « permettant aux États-Unis de renvoyer les étrangers au Mexique » soit conclu.




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