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Un policier blanc de Chicago reconnu coupable du meurtre d'un jeune Noir

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Agence France-Presse
Chicago

Un policier blanc de Chicago a été reconnu coupable vendredi du meurtre d'un adolescent noir, sur lequel il avait tiré «16 fois» de façon «totalement inutile» en octobre 2014.

Jason Van Dyke, qui comparaissait pour assassinat, était accusé d'avoir abattu à distance et sans raison Laquan McDonald, 17 ans, alors que ce dernier tenait un couteau. L'homme, aujourd'hui âgé de 40 ans, avait plaidé non coupable.

Les douze jurés ont rendu leur verdict dès le lendemain du début de leurs délibérations, le reconnaissant coupable de meurtre au lieu d'assassinat.

Ils ont également décidé de sa culpabilité à seize autres chefs d'accusation pour usage aggravé d'une arme à feu, mais l'ont acquitté de celui de faute professionnelle.

Sa sentence sera connue à une date non précisée.

Dès l'annonce du verdict, la liberté conditionnelle de l'ex-policier a été révoquée par le juge et il a été placé en détention.

La législation de l'État de l'Illinois, dans le nord des États-Unis, prévoit une peine allant de quatre à vingt ans de prison pour une condamnation pour meurtre. L'usage aggravé d'une arme à feu est susceptible d'entraîner une peine de six à trente ans derrière les barreaux.

Des proches de l'adolescent et des militants ont manifesté leur joie à l'énoncé du verdict.

«C'est une victoire pour l'Amérique», a lancé Marvin Hunter, grand-oncle de McDonald et porte-parole de la famille. «Laquan McDonald représente toutes les victimes qui ont souffert ce qu'il a souffert».

La ville de Chicago a conclu en 2015 un accord à l'amiable au civil avec la famille de l'adolescent, pour cinq millions de dollars.

Vider son chargeur

La diffusion très tardive, en 2015, d'une vidéo montrant la mort de l'adolescent avait exacerbé la colère de la population, déclenchant des mois de manifestations dans la troisième ville des États-Unis.

Les images, filmées par une caméra fixée sur le tableau de bord d'une voiture des forces de l'ordre, montrent Jason Van Dyke tirer sur l'adolescent, qui se trouve à plusieurs mètres de distance, et continuer à vider son chargeur même une fois le jeune homme à terre. Le policier n'avait été poursuivi en justice qu'après la révélation de ces images.

Aucun des neuf autres officiers présents n'avait fait usage de son arme.

Lors de son procès, qui a duré dix jours, l'ancien policier a assuré avoir tiré parce que l'adolescent lui paraissait menaçant. Ses avocats ont tenté de contrer l'effet désastreux de la séquence filmée, en appelant à considérer le «contexte».

La vidéo de la bavure a entraîné le renvoi du chef de la police de Chicago de l'époque, ainsi que du procureur en charge.

Eddie Johnson, nouveau chef du Chicago Police Department (CPD), a recommandé le renvoi de sept policiers pour avoir donné des compte-rendus erronés du drame. Trois ont été inculpés au pénal et sont dans l'attente de leur procès.

Le ministère de la Justice avait lancé en décembre 2015 une enquête fédérale visant le CPD. Celle-ci a conclu que les abus policiers étaient récurrents à Chicago, métropole gangrénée par la criminalité.

Des manifestants ont réclamé vendredi après l'annonce de la décision du jury la démission de responsables de la ville et davantage de réforme au sein de la police.

«C'est historique pour Chicago», a déclaré Janette Wilson, une manifestante, à la presse. «J'aimerais vraiment que la population de Chicago considère cette affaire comme un modèle pour la nation».

Joe McMahon, principal procureur lors de ces poursuites, a dit espérer que le verdict «ouvre un nouveau chapitre dans les relations entre les forces de l'ordre et la population». «Il fournit une reconnaissance et un sentiment de justice pour de nombreux habitants».

Le responsable du syndicat de la police de Chicago, qui a financé la défense de M. Van Dyke, a évoqué un recours en appel.

Le maire Rahm Emanuel, un proche de l'ancien président Barack Obama, s'était lui-même trouvé en difficulté. Il a annoncé début septembre renoncer à briguer un troisième mandat, sa popularité butant sur cette violence endémique, liée à des guerres de gangs et au trafic de drogues.

L'homicide de Laquan McDonald fait partie d'une série de bavures policières ces dernières années contre des Noirs aux États-Unis, donnant naissance au mouvement «Black Lives Matter».

Les images de l'intervention policière




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