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Le débarquement d'Hillary

Hillary Clinton, ancienne secrétaire d'État américaine, lancera ses... (Photo Jonathan Ernst, Reuters)

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Hillary Clinton, ancienne secrétaire d'État américaine, lancera ses mémoires mardi à New York.

Photo Jonathan Ernst, Reuters

Richard Hétu

Collaboration spéciale

La Presse

(New York) Après le débarquement de Normandie, voici celui d'Hillary Clinton: mardi à New York, l'ancienne secrétaire d'État américaine lancera ses mémoires sur ses années dans ce rôle, une opération qui pourrait marquer le début officieux de sa deuxième campagne présidentielle.

Intitulé Hard Choices, le livre paraîtra vendredi au Québec sous le titre Le temps des décisions. Les médias ont déjà commencé à en publier des extraits, tout particulièrement sur ces six sujets chauds.

Syrie

La Syrie est l'un des dossiers les plus importants où Hillary Clinton prend ses distances avec Barack Obama dans ses mémoires. Elle rappelle qu'elle avait conseillé d'armer et de former les rebelles au début du conflit syrien, y voyant la meilleure solution pour contrer les forces de Bachar al-Assad.

«Il est rare de trouver une bonne solution aux problèmes épineux. Si ces problèmes sont épineux, c'est justement parce que chaque option envisagée paraît pire que la suivante. Et c'est de plus en plus comme cela que la Syrie est apparue», écrit-elle.

Et d'ajouter: «L'action et l'inaction comportaient toutes deux des risques élevés, [mais] le président était enclin à maintenir les choses en l'état et non à aller plus loin en armant les rebelles. Personne n'aime perdre un débat, et j'en fais partie. Mais c'était la décision du président et j'ai respecté ses réflexions et sa décision.»

Poutine

De toute évidence, Hillary Clinton ne mise pas sur ses mémoires pour amadouer Vladimir Poutine. Elle le décrit comme étant «susceptible et autocrate, acceptant mal la critique et finissant par réprimer les débats et la dissidence».

L'auteure du Temps des décisions rejette par ailleurs l'idée selon laquelle l'expansion de l'OTAN a contribué à l'«agression russe».

«Je suis en désaccord avec cette idée, mais les voix les plus convaincantes sur le sujet sont celles des dirigeants et des peuples européens qui ont exprimé leur gratitude d'être membres de l'OTAN», écrit-elle.

Benghazi

Hillary Clinton consacre un chapitre de 34 pages à l'attaque de la mission diplomatique américaine de Benghazi au cours de laquelle quatre Américains, dont l'ambassadeur des États-Unis en Libye Chris Stevens, ont été tués le 11 septembre 2012.

Tout en assumant la responsabilité de cette «tragédie» en tant que secrétaire d'État en fonction à l'époque, elle réplique fermement aux élus républicains, dont des candidats potentiels à la présidence, qui l'accusent d'incompétence ou de camouflage dans cette affaire.

«Ceux qui utilisent sans relâche cette tragédie à des fins politiques minimisent le sacrifice de ceux qui servent notre pays. Ceux qui persistent à politiser cette tragédie devront le faire sans moi. Je ne ferai pas partie d'une foire d'empoigne politicienne sur le dos d'Américains morts», écrit-elle.

Bergdahl

La polémique soulevée par l'échange ayant mené à la libération du sergent Bowe Bergdahl ne doit pas surprendre Hillary Clinton. Dans ses mémoires, elle fait allusion aux négociations pour un échange avec les talibans, qui avaient déjà lieu à l'époque où elle était secrétaire d'État.

«Je reconnaissais, comme je l'avais fait plusieurs fois auparavant, qu'ouvrir la porte à des négociations avec les talibans serait difficile à avaler pour plusieurs Américains après tant d'années de guerre», écrit-elle.

Irak et Cuba

L'ex-sénatrice de New York revient dans ses mémoires sur son vote en 2002 pour une intervention militaire en Irak, une décision qui a fortement contribué à sa défaite contre Barack Obama en 2008.

«Plusieurs sénateurs ont fini par souhaiter avoir voté contre la résolution. J'étais l'un d'eux, écrit-elle. Je croyais agir de bonne foi et prendre la meilleure décision avec les informations dont je disposais. Mais j'avais tort. C'est aussi simple que cela.»

Hillary Clinton raconte par ailleurs avoir tenté de convaincre Barack Obama de mettre fin ou d'alléger l'embargo contre Cuba, estimant que celui-ci «n'atteignait pas ses objectifs» et «nuisait plus largement à notre politique en Amérique latine». Obama a choisi une voie mitoyenne, autorisant notamment plusieurs nouveaux aéroports américains à mettre en place des vols vers Cuba.

2008 et 2016

«Nous nous observions comme deux adolescents lors d'un étrange premier rendez-vous.» C'est en ces mots qu'Hillary Clinton décrit sa première rencontre avec Barack Obama à la veille de la convention démocrate en 2008, après plusieurs mois d'une course tendue à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle.

«Tant Barack que moi et notre personnel avions une longue liste de reproches. Il était temps de clarifier les choses», ajoute-t-elle. L'ancienne candidate à la Maison-Blanche est moins diserte sur la prochaine échéance présidentielle, celle de 2016. Elle n'aborde pas le sujet avant 596 pages.

«Briguerai-je la présidence en 2016?, écrit-elle à la fin du livre. La réponse est: je ne me suis pas encore décidé.»




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