La droite américaine a monté une campagne contre Kofi Annan dans le cadre du scandale «pétrole contre nourriture» parce que l'ex-secrétaire général de l'ONU avait osé qualifier d'«illégale» la guerre contre l'Irak, selon une biographie écrite par son ancien porte-parole.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Cet ancien porte-parole, Frederic Eckhard, a confié jeudi à Genève avoir été motivé par la «colère» pour écrire l'ouvrage.

Il raconte comment il a vécu le scandale «pétrole contre nourriture» aux côtés de Kofi Annan que cette affaire a mis «au bord de la dépression».

Pour l'ex-porte-parole, tout s'est joué lorsque Kofi Annan a déclaré en 2004 à un journaliste de la BBC qu'il estimait la guerre contre l'Irak «illégale». «Je pense que vous allez avoir des ennuis», a-t-il alors dit au secrétaire général, qui lui a rétorqué: «Eh bien, c'est ce que je pense»...

L'auteur est convaincu que la droite américaine a décidé de lui faire payer son audace en fomentant une «campagne médiatique scandaleuse» à grand renfort de gros titres dans la presse américaine accusant l'ex-secrétaire général de l'ONU de corruption dans le scandale «pétrole contre nourriture» et demandant sa démission.

Mis en cause, Kojo, le fils de Kofi Annan assure dans un entretien avec l'auteur n'avoir «jamais fait d'affaires avec l'ONU».

M. Eckhard juge cependant que les contacts de Kojo à l'ONU ont probablement bénéficié à la société Cotecna, employeur à l'époque du fils du secrétaire général, et qui détenait le contrat d'inspection des livraisons humanitaires en Irak dans le cadre du programme.

Le programme de l'ONU «pétrole contre nourriture», en vigueur entre 1996 et 2003, permettait à Bagdad de vendre du pétrole en échange d'aide humanitaire et de produits alimentaires qui manquaient au pays, en raison des sanctions imposées à l'Irak après son invasion du Koweït.

Une commission d'enquête présidée par l'Américain Paul Volcker n'a finalement mis en cause qu'un seul haut fonctionnaire de l'ONU, le Chypriote Benon Sevan.