Moscou dénonce les sanctions «antirusses»

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Même si Moscou a minimisé l'impact des sanctions des Occidentaux sur l'économie russe, elles suscitent de vives inquiétudes dans les milieux d'affaires, qui craignent une récession et un isolement à long terme pour la Russie de Vladimir Poutine.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

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Nicolas MILETITCH, Anna MALPAS
Agence France-Presse
MOSCOU et Donetsk

La Russie, frappée par de nouvelles sanctions américaines et européennes en raison de son implication dans la guerre en Ukraine, a dénoncé mercredi des mesures «antirusses», et menacé Washington et l'UE d'une hausse des prix de l'énergie en Europe.

Après les États-Unis et l'Union européenne, le groupe des pays du G7 a à son tour menacé de sanctionner la Russie si elle refusait «de choisir la voie de la désescalade» en Ukraine. Seule la «désescalade conduirait à la levée de ces sanctions», a ajouté le groupe (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie et Canada) dans un communiqué commun diffusé par la Maison-Blanche à Washington.

Plus sévères que jamais, les sanctions américaines et européennes ont été annoncées alors que les forces ukrainiennes ont intensifié leur offensive contre les insurgés.

Mercredi soir, le Journal officiel de l'Union européenne a publié les noms des proches du président Poutine et des sociétés visées par le gel des avoirs et une interdiction de voyager notamment pour deux associés de la banque Rossia, considérée comme la «Banque du Kremlin».

Même si Moscou a minimisé l'impact des sanctions des Occidentaux sur l'économie russe, elles suscitent de vives inquiétudes dans les milieux d'affaires, qui craignent une récession et un isolement à long terme pour la Russie de Vladimir Poutine.

«Les conséquences pour Washington de cette politique destructive et à courte vue vont être très concrètes», a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères, en assurant que les sanctions prises par Bruxelles «auront inéluctablement pour résultat une hausse des prix sur le marché de l'énergie en Europe».

Dénonçant «des sanctions antirusses tirées par les cheveux et illégitimes», Moscou a critiqué de manière inhabituellement sévère la politique de l'UE qui «ne se fonde plus aujourd'hui sur des faits vérifiés, mais est dictée par Washington». Les sanctions adoptées par Bruxelles témoignent «de l'incapacité de l'UE à jouer un rôle autonome dans les affaires mondiales», poursuit le ministère.

Après l'annonce par l'UE de restriction de l'accès des banques d'État russes aux investisseurs européens et l'ajout de trois établissements financiers russes à la liste noire de Washington, la Banque centrale de Russie a assuré que «toutes les mesures seraient prises, en cas de besoin, pour soutenir les banques» touchées.

Le ministère russe des Affaires étrangères a minimisé l'impact des sanctions en affirmant que «les difficultés qui pourront surgir dans certains secteurs de l'économie russe seront sans aucun doute surmontées».

Bénéfices politiques

Les analystes ne sont pas aussi rassurants. Pour Nikolaï Petrov, de la Haute École d'Économie de Moscou, les nouvelles sanctions «frappent directement l'économie» et «ses effets se feront rapidement sentir pour les Russes ordinaires».

Parmi les grandes sociétés occidentales, qui ont fortement investi en Russie, plusieurs ont déjà reconnu que la crise actuelle risquait de les affecter.

Les services vétérinaires russes ont annoncé mercredi l'interdiction des importations de fruits et légumes de Pologne, considérée par la plupart des experts comme une mesure de rétorsion.

«La Russie aurait peut-être envie de répondre à ces sanctions, mais de quelle manière? Arrêter de fournir du gaz et du pétrole? Et comment alors payer les retraites en Russie?», relativise le directeur de l'Institut d'analyse stratégique FBK à Moscou, Igor Nikolaev.

Le vice-premier ministre russe, Dmitri Rogozine, a choisi d'ironiser sur Twitter sur les sanctions prises à l'encontre des chantiers navals militaires russes, qui montrent que ces derniers «deviennent un problème pour les ennemis de la Russie».

La presse russe, de son côté, minimisait la portée des nouvelles sanctions. «Les sanctions, soit ne marchent pas, soit ont un effet visible dans un avenir lointain», écrit le journal économique de référence Vedomosti qui estime que «les sanctions américaines contre Cuba introduites en 1960 [...] n'ont pas affaibli le régime de Castro».

Le quotidien Izvestia assure de son côté que «les sanctions ne feront que rassembler davantage le peuple russe autour des autorités, parce qu'elles seront interprétées comme une tentative des États-Unis de remporter une victoire sur la Russie».

L'armée ukrainienne progresse

Washington a imposé de nouvelles sanctions aux secteurs clés de l'énergie, de l'armement et de la finance, et l'UE a annoncé une série de mesures bloquant l'accès des entreprises et banques russes aux marchés financiers européens, et interdisant toute vente d'armes et de technologies sensibles dans le domaine de l'énergie.

Les Européens ont également décidé de bloquer les avoirs de huit personnes, dont quatre hommes d'affaires russes proches du président Poutine, accusés de bénéficier de l'annexion de la Crimée ou de soutenir activement la déstabilisation en Ukraine.

Sur le terrain, les forces ukrainiennes ont continué à regagner du terrain et annoncé avoir repris aux séparatistes la ville d'Avdiivka, à une dizaine de kilomètres de Donetsk, principale place forte de la rébellion.

Les combats à Gorlivka, autre ville proche de Donetsk, ont fait cinq morts au cours des dernières 24 heures, selon l'agence Interfax.

Les forces ukrainiennes cherchent à isoler les insurgés, retranchés essentiellement dans une zone située entre les villes de Donetsk et de Lougansk proche de la frontière.

Pour la quatrième journée consécutive, des experts de la police australienne et néerlandaise n'ont pu se rendre, en raison des combats, sur le site où s'est écrasé à la mi-juillet le Boeing malaisien tuant 298 personnes, a indiqué un responsable néerlandais.




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